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Les conséquences des émissions de gaz à effet de serre toujours plus dramatiques
3 janvier 2012
L’année dernière aura été le théâtre de sommets mondiaux sur le climat et ses effets dans le monde. Conscients de l’impact des changements climatiques sur la planète, les dirigeants tentent de trouver des solutions pouvant satisfaire toutes les parties. Cependant, les intérêts des uns ne font pas les intérêts des autres, d’où le statu quo sur le climat.
Le dernier sommet international sur le climat de Durban, en Afrique du Sud, a abouti à la signature du prolongement du protocole de Kyoto, sans le Canada, qui s’est retiré quelque temps après. Le protocole de Kyoto est encore l’unique accord juridique imposant aux pays de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, depuis 1995.
Une situation climatique alarmante
Les conséquences aux changements climatiques sont de plus en plus intenses avec les années, sécheresse, pluies diluviennes, incendie, canicule, inondations… Les catastrophes naturelles s’intensifient, comme l’ont rapporté les Nations Unies dans leur dernière publication sur les conséquences du changement climatique, « les événements climatiques extrêmes seront globalement plus marqués et plus fréquents dans les décennies à venir, entraînant des dangers accrus pour la plupart des habitants de notre planète ».
L’intensification des catastrophes naturelles, notamment dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables comme en Afrique et en Asie ont conduit les Nations Unies a alerté vivement la communauté internationale de la gravité de la situation. En juin 2011, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, avait interpellé sur la nécessité « d’adopter de nouvelles mesures pour faire face aux déplacements de population générés par le changement climatique et les catastrophes naturelles ».
« Défi majeur pour notre époque »
Évoquant les catastrophes survenues au Japon, aux Philippines et au Pakistan, António Guterres a souligné l’augmentation en fréquence et en intensité de ces catastrophes, avant de déclarer qu’elles ne pouvaient être abordées indépendamment « d’autres grandes tendances mondiales conditionnant l’avenir de notre planète et de sa population ».
Une grande partie des mouvements de population générés par le changement climatique devrait se faire au sein même d’un pays, comme ce fut le cas au Japon, où la population a quitté le sud pour aller vivre dans le nord. De plus, la hausse démographique, l’urbanisation, la pénurie d’eau, l’insécurité énergétique, la crise alimentaire sont des éléments à prendre en compte car ils devraient engendrer ou accentuer « les risques de rivalités et de conflits pour s’approprier des ressources naturelles peu abondantes ».
Les migrants, victimes du climat
Les changements climatiques n’ont pas seulement des conséquences sur le temps et les risques naturels mais sur le mode de vie actuelle de 7 milliards d’habitants et sur son avenir. L’Office international pour les migrations (OIM) a publié son rapport sur l’état de la migration dans le monde en 2011, dans lequel l’institution tente de « s’attaquer aux idées reçues sur les migrants et la migration », notamment ce qui concerne les réfugiés climatiques, également appelés réfugiés écologiques. Shahidul Haque, de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a expliqué au "Monde" que « les migrations liées à une cause environnementale ne sont plus un phénomène à venir, mais déjà une réalité. Elles sont devenues plus importantes que les migrations liées aux conflits ».
Effectivement, l’examen réalisé par l’OIM indique que clairement que les catastrophes naturelles, telles que le tremblement de terre en Haïti, ont continué de « mettre en relief l’incidence des facteurs environnementaux sur les schémas migratoires et la nécessité, pour les pouvoirs publics, de se préparer à gérer les mouvements de population déclenchés par de tels événements ». Préconisant une politique d’adaptation aux changements climatiques, l’institution pointe du doigt l’incapacité de certains états à « résoudre de façon globale et cohérente les difficultés qui en résultent », dont la migration.
Céline Tabou
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