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L’effondrement de La Réunion à cause de décisions politiques prises à Paris
15 janvier 2011
Dans sa dernière Lettre, l’IEDOM annonce une chute de la construction du nombre de logements l’an dernier. Selon les données du CONSUEL citées par l’INSEE, la baisse est de 32% par rapport à 2009, soit une baisse de plus de 3.000 logements. Voilà le résultat de la politique du gouvernement.

Les données du CONSUEL citées par l’INSEE montrent l’impact d’une décision politique du gouvernement : la remise en cause de la défiscalisation.
En 2007, Nicolas Sarkozy obtient un résultat catastrophique dans tout l’Outre-mer malgré son succès à l’élection présidentielle. À La Réunion, il recueille moins de 40% des voix. C’est dire l’ampleur de la crise de confiance entre l’Outre-mer et le nouveau chef de l’État. Dans ses premiers discours, le nouveau président de la République affirme qu’il veut faire de l’Outre-mer une priorité, avec le vote avant la fin 2007 d’une nouvelle loi-programme.
Mais ce calendrier allait subir un retard de deux ans. Entre temps, la crise de confiance a eu le temps de s’amplifier. Elle s’est étendue aux investisseurs.
Les projets du gouvernement sur l’Outre-mer font état de plusieurs réformes touchant au financement de l’investissement productif et du logement.
Paris veut supprimer la défiscalisation destinée à soutenir la construction de logements dans le secteur privé, et veut la réorienter vers le financement des logements sociaux, en complément de la ligne budgétaire unique.
Tous les acteurs concernés par cette mesure refusent cette proposition, car ils craignent un coup d’arrêt à la production de logements.
En attendant, les incertitudes entretenues par le vote sans cesse reporté de la loi font fuir les investisseurs potentiels. La catastrophe tant redoutée a lieu, et des milliers d’emplois sont supprimés dans le BTP. Cela amplifie la crise amorcée par l’arrêt des grands chantiers initié par Didier Robert supprimant la rocade du Tampon.
Les données du CONSUEL permettent de quantifier cet effondrement provoqué par des décisions politiques prises à Paris.
Cette chute de la construction accompagne un accroissement de la pénurie de logements. Il est de plus en plus difficile pour les Réunionnais de se loger. Car cet effondrement de la construction dans le secteur privé (-3.079 logements soit -32%) n’est pas compensé par le logement social.
-32% dans le privé, +2% dans le social
Entre 2009 et 2010, le nombre de logements locatifs sociaux effectivement livré passe de 1.331 à 1.360, soit une progression de 29 représentant une hausse de 2%.
Pour l’an prochain, le gouvernement a déjà annoncé une diminution de la subvention directe de l’État pour la construction de logements sociaux, charge à une ressource venant du privé et aléatoire de compléter.
Autrement dit, rien ne dit que la catastrophe ne va pas encore s’amplifier. Car le secteur du BTP a reçu de rudes coups, faisant fondre ses effectifs. Combien d’entreprises pourront-elles encore fonctionner l’an prochain ? L’outil BTP est menacé au moment où ce sont au moins 10.000 logements par an qui doivent être construits.
Manuel Marchal
Déficit de 3.079 logements
Voici l’évolution du nombre des attestations délivrée par le CONSUEL pour les logements neufs.
| Immeubles de 1 à 9 logements | Immeubles plus de 9 logements | Total | |
|---|---|---|---|
| 2009 | 4950 | 4769 | 9.72 |
| 2010 | 3901 | 2739 | 6640 |
| Différence | -1049 | -2030 | -3079 |
| Ecart en % | -21% | -43% | -32% |
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