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Comment une décision politique a cassé la filière canne
6 juillet 2010
Quand Jean-Paul Virapoullé prend la responsabilité de remettre en cause le mode de partage des richesses de la canne à sucre, il prépare le terrain à la casse de la filière canne. Les planteurs ont été vendus pour 200 francs CFA, et le résultat, c’est la ruine de 20.000 d’entre eux, la fermeture de toutes les usines sauf deux, et la prise de contrôle de l’industrie sucrière par une filiale brésilienne d’une coopérative de planteurs de betteraves.

40 ans après les Accords de 1969, les planteurs ont obtenu une revalorisation de 25% des revenus perçus directement au titre de leur production, et cela sans que les usiniers ne crient à la ruine. Cela démontre l’ampleur du vol subi par les planteurs au cours des 40 dernières années. Ce vol a poussé 20.000 planteurs à la ruine.
Quand en 1969, Jean-Paul Virapoullé signe avec les usiniers les accords scélérats qui remettent en cause la structure de la filière, voici comment les choses étaient présentées.
Les planteurs recevaient 3.500 francs CFA pour une tonne de cannes, soit un prix légèrement supérieur à ce qu’ils auraient obtenu uniquement pour le sucre. C’est sur la base de cette augmentation que les usiniers et le dirigeant de la Fédécanne, à l’époque le seul syndicat reconnu par le pouvoir, ont fait la publicité de l’accord auprès des 25.000 planteurs qui récoltaient régulièrement plus de 2 millions de tonnes sans les moyens mécaniques et financiers actuels.
Il faut savoir qu’à l’époque, ces 3.500 francs CFA représentaient la valeur de 77,77 kilos de sucre, soit 4,44 kilos de plus que ce que le planteur aurait eu droit rien que pour le sucre contenu dans sa tonne de cannes.
En clair, sachant que ces 4,44 kilos représentaient 200 francs CFA, c’est donc dans ces 200 francs CFA que se situe la valeur de tous les produits de la canne autre que le sucre : bagasse, alcool, vinasse…
Donc, Jean-Paul Virapoullé a signé des Accords dans lesquels tous les produits de la canne ne sont censés représentés que 6% de la valeur du sucre. La revalorisation de la prime bagasse démontre l’ampleur du vol subi par les planteurs au cours des 40 dernières années. La revalorisation de la prime bagasse, c’est 25% d’augmentation pour la canne payée au planteur. C’est beaucoup plus que les 6% imposés par les Accords de 1969, et ces 25% ne concernent qu’un seul produit, la bagasse. Or, la juste répartition des produits de la canne doit concerner tous ses produits, et pas seulement le sucre et la bagasse.
M.M.
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