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En avant vers l’autosuffisance alimentaire

60% des aliments non transformés consommés à La Réunion y sont produits

20 juillet 2009 Risham BADROUDINE

L’Agreste (Service des statistiques du Ministère de l’agriculture, l’alimentation et la pêche) vient de publier dans son dernier numéro des données relatives à l’importance des produits alimentaires dans le commerce extérieur de La Réunion. Il ressort que La Réunion exporte environ le quart de la valeur de ce qu’elle importe en produits alimentaires. L’île assure elle-même 60% de sa production alimentaire non transformée. Rappelons que le rapport de la mission parlementaire sur l’Outre-mer remis récemment au Sénat montre la nécessité d’atteindre l’autosuffisance alimentaire dans les DOM. 

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<p>Selon l'Agreste, « La Réunion a importé environ 100.000 tonnes de fruits, légumes, viandes, poissons et lait en 2008 (hors produits transformés). Durant la même période, elle aura cultivé, élevé et pêché 160.000 tonnes de ces mêmes denrées ». (photo Toniox)</p>

Selon l’Agreste, « La Réunion a importé environ 100.000 tonnes de fruits, légumes, viandes, poissons et lait en 2008 (hors produits transformés). Durant la même période, elle aura cultivé, élevé et pêché 160.000 tonnes de ces mêmes denrées ». (photo Toniox)

La Réunion importe plus de biens qu’elle n’en exporte (près de 4 milliards d’euros d’importations en 2007 pour 267 millions d’exportations).
Les importations de produits alimentaires s’élèvent à plus de 730 millions d’euros en 2008 (soit 17% du total des importations), en augmentation constante ces dernières années (470 millions d’euros en 2000).
L’île exporte environ le quart de la valeur de ce qu’elle importe en produits alimentaires, dont près de 60% de sucre. Les exportations de produits issus de l’agriculture et de la pêche représentent les deux tiers de la valeur totale des exportations.
« Le taux d’importation, c’est-à-dire le rapport entre les importations et le PIB, demeure assez faible à La Réunion (28,9%), comparé aux autres îles (48% à Chypre, 88% aux Seychelles) ou aux DOM (32% en Guadeloupe, 36% en Martinique, plus de 40% en Guyane). Ce taux permet d’évaluer la dépendance de l’économie vis-à-vis de l’extérieur et le degré de participation aux échanges internationaux comparativement au poids économique. Il est, pour La Réunion, comparable à celui d’un pays développé (France : 21%). Ce fait est lié à la prédominance du tertiaire et à la part relativement importante des productions locales.
La Réunion a importé environ 100.000 tonnes de fruits, légumes, viandes, poissons et lait en 2008 (hors produits transformés). Durant la même période, elle aura cultivé, élevé et pêché 160.000 tonnes de ces mêmes denrées ».
La Réunion assure ainsi elle-même 60% de sa production alimentaire non transformée. (Voir graphique “Taux de couverture”)

Atteindre l’autosuffisance alimentaire

Pour gagner le pari du développement durable de La Réunion du million d’habitants en 2025, un des objectifs est d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Le rapport n°519 remis au Sénat le 7 juillet 2009 mentionne également la part de l’agriculture et des industries agro-alimentaires dans les exportations des DOM. Il constate qu’en Guadeloupe et La Réunion, la part du secteur primaire et celui des industries agroalimentaires est importante dans les exportations. (Voir graphique)
Le rapport mentionne également qu’un long chemin reste à parcourir afin que les DOM atteignent l’autosuffisance alimentaire dans certains secteurs, comme le lait, où le taux de couverture reste encore faible notamment à La Réunion (36%).

Le potentiel de la pêche

Concernant la pêche, rappelons que les pays membres de la COI réalisent moins de 5% des prises, tandis que celles d’Europe et d’Asie exploitent à plus de 95% nos ressources halieutiques.
Le riche patrimoine halieutique offre des perspectives intéressantes. Le rapport remis au Sénat propose d’ailleurs aux acteurs locaux de développer les infrastructures en matière de pêche. Mais il convient également d’adapter la règlementation européenne à la situation spécifique dans notre région afin de permettre le développement de la pêche en haute mer à partir de La Réunion. La Développement de la pêche côtière passe également par la multiplication des DCP (Dispositifs de concentration de poissons).
L’autosuffisance alimentaire est aujourd’hui primordiale surtout face à l’envolée des cours qui a entraîné récemment une situation de pénurie alimentaire dans le monde, et provoqué des émeutes de la faim.

Risham Badroudine

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