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9 mars 2010
Le mot d’ordre de Jean-Paul Virapoullé pour les élections régionales est connu : « Paris commande pas nous ! ». Cette revendication est à double tranchant.
Elle a d’abord une connotation purement électoraliste : c’est à nous de faire nos propres listes et pas un envoyé parisien, dit en substance le sénateur. Ensuite, elle prend une portée politique : « nous déciderons ici ce qui est bon pour nous ». Frustré de ne pas avoir obtenu ce qu’il voulait lors de la constitution de la liste d’union, l’ex-maire de Saint-André manifeste des velléités autonomistes. Ce n’est pas la première fois qu’il agit ainsi. Mais, arrivé en fin de carrière, n’ayant plus rien à perdre, il veut aller au bout de sa logique : il veut faire payer à Paris le prix de la rupture tout en réunissant les conditions pour se faire réélire sénateur en 2011.
Le premier volet de la nouvelle stratégie est de rassembler plus de voix que le seul Didier Robert. Ainsi a-t-il été l’acteur principal de l’accord conclu en début de semaine dernière avec Nadia Ramassamy et Eric Magamootoo. En cumulant les voix des trois listes, Virapoullé veut démontrer qu’il est meilleur rassembleur que le député-maire du Tampon et l’obliger à composer, voire à capituler. Ainsi il sera fait échec à Paris.
Le deuxième volet de la stratégie consisterait en une union avec le PS. Des rumeurs circulant ces jours-ci laissaient entendre que Michel Vergoz a participé à la rencontre signalée plus haut. L’hypothèse d’une fusion des quatre listes n’est pas écartée. Mais il est plus vraisemblable de penser à des retrouvailles au moment de constituer la majorité au sein de l’exécutif régional (élections du président et de la Commission permanente). En faisant “ami-ami” avec les socialistes, le sénateur de Saint-André ferait coup-double : il établirait une véritable ligne de rupture avec l’UMP et Paris, mais, surtout, il rééditerait le coup des Sénatoriales de 1983, où une union UDF-PS avait permis l’élection de Louis Virapoullé et d’Albert Ramassamy. Il ne faut pas oublier que la préoccupation première de Virapoullé, c’est sa réélection comme sénateur.
Jean-Pierre Sinaman,
Saint-Benoît
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