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En Guadeloupe : l’État démontre l’existence de surprofits chez les pétroliers et la distribution, il les combat
5 février 2009, par

En Guadeloupe, dans la distribution, le secrétaire d’État à l’Outre-mer vient d’obtenir l’engagement d’une baisse de 10% sur 100 produits de première nécessité. Aux Antilles, dès le mois de novembre, l’État avait décidé de fortes baisses sur les prix des produits pétroliers. Cette décision n’a pas ruiné les importateurs. À La Réunion, depuis mardi, les prix des carburants sont au même niveau qu’aux Antilles, mais la particularité est que les Réunionnais doivent rembourser aux pétroliers un soi-disant manque à gagner. À qui le profit ?
Depuis le 20 janvier, les Guadeloupéens sont mobilisés pour que les « profiteurs » baissent les prix. Mardi, ils ont obtenu une première victoire avec l’annonce par le secrétaire d’État à l’Outre-mer de l’engagement des patrons de la distribution à baisser de 10% 100 produits de première nécessité.
Au mois de novembre dernier, la mobilisation unitaire des Guadeloupéens avait permis d’obtenir un résultat du même ordre : une baisse des prix des carburants financée par les bénéfices des compagnies pétrolières et par l’État. Concernant l’accord intervenu avec la distribution, les seuls contributeurs sont les distributeurs qui ont donc accepté de diminuer leur marge.
Malgré tout, ce n’est pas parce que les prix baissent de 10% que les actionnaires de la distribution vendent à perte. Ils continuent de faire des bénéfices, sinon tout accord aurait été impossible. Cela veut donc dire automatiquement que sur les 100 produits de première nécessité en question, les profits des distributeurs étaient donc excessifs, puisqu’ils peuvent baisser de 10% sans remettre en cause les finances de ces sociétés.
La baisse des prix des carburants décidée en novembre dernier par l’État aboutit à la même conclusion. Les compagnies pétrolières qui travaillent en Guadeloupe ont dû baisser leur marge de manière importante, puisque le prix a diminué de 30 centimes. Deux mois plus tard, ces compagnies pétrolières sont toujours là, ce qui veut donc dire que le prix de vente actuel suffit à leur garantir des bénéfices confortables. Autrement dit, sans la mobilisation populaire unitaire qui a poussé l’État à intervenir dans le sens de l’intérêt général, les prix seraient encore excessifs.
Le préfet met le gouvernement en difficulté
La situation que connaît la Guadeloupe donne tout son relief à la dernière décision prise par le préfet pour fixer le prix de vente maximum des carburants. Bien qu’avec deux mois de retard, les prix soient alignés sur ceux des Antilles, la baisse est atténuée par une contribution prise dans le porte-monnaie des Réunionnais et versée dans les caisses des compagnies pétrolières. Après le carburant le plus cher du monde jusqu’au 1er février, La Réunion détient depuis une autre spécificité : l’État oblige les citoyens à verser directement de l’argent aux pétroliers. Dans le contexte actuel, comment appeler cela autrement qu’un racket ? Et ce racket trouble la nouvelle image que Paris tente de se donner outre-mer, celle d’un gouvernement qui est capable de faire plier les gros qui profitent d’une structure économique héritée de la colonisation pour piller les maigres revenus des populations des îles.
Or, à La Réunion, c’est le contraire : les Réunionnais doivent payer pour augmenter les bénéfices des gros, et c’est ce qu’un représentant de l’État a décidé. Annoncée au lendemain du départ d’un ministre, cette décision a un résultat : elle met un gouvernement en difficulté.
M.M.
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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