Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
40% de notre PIB vient d’un pays en pleine crise
5 mars 2009, par

Prenant acte de l’ampleur de la crise, le gouvernement français a révisé drastiquement en baisse ses prévisions de croissance, anticipant désormais un recul du produit intérieur brut (PIB) de 1,5% en 2009 avec ’plus de 300.000 destructions’ d’emplois. Cette chute est la plus forte depuis 1974 et le choc pétrolier.
A La Réunion, les transferts représentent actuellement plus de 40% de notre PIB. Ce solde est en diminution et cette tendance risque de se poursuivre avec les difficultés de la France.
Alors que la France avait échappé de justesse à la récession au troisième trimestre 2008, l’économie a subi un violent coup d’arrêt au quatrième, avec un effondrement de 1,2% du PIB.
La plus forte chute depuis 1974
Cette chute, la plus forte depuis 1974 et le choc pétrolier, avait contraint le gouvernement à reconnaître que le pays n’échapperait pas à la récession cette année, à l’instar de ses voisins.
Sa nouvelle prévision, intégrée dans le projet de loi de finances rectificative présentée en Conseil des ministres, fait état d’un recul du PIB de 1,5% cette année, alors que les dernières hypothèses tablaient sur une croissance comprise entre « 0,2% et 0,5% ».
Quant à la Commission européenne, elle prévoit pour la France une baisse de 1,8% (du PIB) et le FMI une baisse de 1,9%.
L’ampleur du ralentissement économique est telle que l’explosion du chômage ne fait plus de doute.
« Conséquence logique » de la baisse du PIB, la France s’attend désormais à la destruction de plus de 300.000 emplois en 2009, a déploré Christine Lagarde, Ministre de l’Economie.
Chute de l’activité et hausse du chômage vont aussi peser sur les comptes publics du pays.
Selon le cabinet du ministre du Budget, Eric Woerth, le seul déficit de l’Etat devrait dépasser 100 milliards d’euros cette année, ce qui équivaut à plus de 5,2% du PIB.
A cela s’ajouteront les déficits de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales, creusant encore le déficit public, qui devrait flirter avec 5,5% du PIB, un chiffre comparable aux dernières prévisions de la Commission européenne (5,4% du PIB).
« Il y a un niveau de déficit et d’endettement qui devient insupportable », a estimé lundi le rapporteur général du Budget à l’Assemblée nationale, Gilles Carrez (UMP), sur la radio BFM.
L’Europe a déclenché contre la France une procédure pour déficits excessifs
Bruxelles a enclenché la semaine dernière une procédure pour déficits excessifs contre Paris, aux côtés de cinq autres pays européens, pour le dérapage de leurs comptes publics au-delà de la limite de 3% du PIB tolérée par le Pacte de stabilité européen.
Un coup de semonce jugé malvenu par la France, au moment où la crise impose de dépenser plus.
S’exprimant mardi matin sur Europe1, François Fillon ne s’est guère montré optimiste concernant l’environnement économique, prévoyant une crise « longue » et « dure »
Le Premier ministre a confirmé les prévisions annoncées par Christine Lagarde estimant que la France devrait détruire 300.000 emplois en 2009.
Enfin, le Premier ministre n’a pas souhaité dater la reprise, avouant que « personne n’a d’idée du calendrier de sortie de crise ».
Créer des emplois durables à La Réunion
À La Réunion, selon les chiffres de l’I.E.D.O.M., le solde net des transferts publics, c’est-à-dire le solde des recettes et des dépenses de l’État, plus le solde des recettes et des dépenses des organismes sociaux, représente environ 40% du PIB régional, et cela depuis plus de dix ans.
Cela signifie que notre économie est dépendante de ce flux financier. Or, la tendance est très nettement au ralentissement :
En moyenne, depuis 10 ans, le solde des transferts publics augmente de 6,5% par an. Mais cette moyenne masque une évolution très contrastée. Au cours de la période allant de 1997 à 2002, le solde global des transferts publics a progressé de 8,4% par an, alors que de 2003 à fin 2007, cette progression n’était plus que de 1,6% par an.
Les transferts publics ont augmenté moins vite que l’inflation. Autrement dit, ils ont diminué en euros constants. Fort heureusement, ce ralentissement des transferts publics a été compensé par des investissements.
Avec la crise que traverse la France actuellement, les baisses observées ces dernières années des flux financiers devraient se prolonger.
Il n’y a pas d’autres solutions pour La Réunion que l’anticipation. Les flux financiers doivent rester dans la sphère économique locale et être utilisés afin de créer des emplois pérennes. Or, actuellement, ces sommes repartent vers l’extérieur à travers notamment la consommation de produits importés qui vient creuser le déficit de notre balance commerciale déjà de 4 milliards d’euros. Cela rappelle l’urgence d’agir dès maintenant en soumettant des projets afin de créer des emplois durables.
Risham Badroudine
Note de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
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