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Un grand groupe importe de la main d’œuvre au lieu de former des Réunionnais
13 mars 2010
En pleine pénurie d’emploi à La Réunion, un grand groupe a décidé d’importer de la main d’œuvre plutôt que de former des Réunionnais pour occuper la totalité des emplois créés par un grand chantier de 150 millions d’euros sur trois ans. Après la révélation de ce scandale par Paul Vergès lors du meeting de Saint-Denis, l’Alliance appelle à la mobilisation.
« L’information selon laquelle des entreprises européennes allaient participer à la construction de la centrale thermique d’EDF devant être implantée en baie de La Possession a provoqué un légitime émoi dans la population.
En effet, existe le risque que la construction de cette centrale échappe en grande partie aux entreprises de La Réunion et aux travailleurs réunionnais.
Au delà des procédures liées aux appels d’offres lancés au niveau européen, force est de constater qu’aucune information sur ce dossier, notamment au niveau de l’organisation des marchés, et sur le plan de la formation et de l’emploi, n’avait été jusqu’à présent apportée par ceux qui ont la responsabilité de la construction de cette centrale.
Il aura fallu que cette question soit évoquée publiquement pour que le débat soit ouvert.
Ainsi, dans les prochains jours, une réunion devrait être organisée, en présence des responsables de cet équipement. La question de l’accès des entreprises de La Réunion à ce chantier, et des travailleurs aux emplois qui seront générés est désormais posée.
Pour sa part, la Région a fait la démonstration, avec la route des Tamarins, qu’il était possible d’allotir des marchés et de former des Réunionnaises et des Réunionnais, afin qu’ils soient opérationnels au moment du démarrage du chantier. En partenariat avec I’État, c’est la même démarche qui a été engagée pour les projets du tram train et de la nouvelle route du littoral.
Après le débat légitime sur l’opportunité ou non de construire une telle centrale, l’Alliance regrette qu’au moment où la décision de construire cet équipement a été prise par les autorités concernées, aucune concertation n’a été organisée pour permettre l’accès d’un maximum de Réunionnais aux emplois générés par ce chantier.
Dans le contexte de la situation économique et social de La Réunion, marquée par un taux de chômage important, personne ne comprendrait qu’il ne soit fait appel qu’à des entreprises et de la main d’œuvre extérieures pour réaliser cet équipement d’environ 150 millions d’euros.
L’Alliance en appelle à la mobilisation de tous les Réunionnais pour que ce chantier puisse bénéficier le plus largement possible aux entreprises de La Réunion et aux travailleurs réunionnais, comme cela a pu être le cas pour d’autres grands chantiers. Les expériences passées des constructions des centrales sucrières du Gol et Bois rouge montrent la nécessité d’une telle mobilisation ».
24 heures après les révélations de Paul Vergès
EDF confirme l’alerte
Voici le texte du communiqué diffusé hier par EDF, dans lequel elle reconnaît qu’il est possible qu’une proportion pouvant aller jusqu’à 49% des emplois étaient déjà occupés vendredi 5 mars par des travailleurs venant d’ailleurs.
« La Défense, 12 mars 2010
Le contrat de construction en "clé en main" de la nouvelle centrale électrique de Port Est a été attribué par EDF Production Electrique insulaire SAS, filiale de EDF SA, le 6 octobre 2008 au groupement d’entreprises MAN (France) / Clemessy / Eiffage à la suite d’un appel d’offres européen.
Après la phase d’enquête publique, le chantier a été ouvert en octobre 2009 et se prolongera jusqu’en 2012.
À ce stade, les travaux de génie civil ont commencé et, actuellement, la principale entreprise sur place fait appel à de nombreuses entreprises Réunionnaises sous-traitantes : une trentaine à ce jour. Par conséquent, l’effectif du maître d’œuvre travaillant sur le chantier était par exemple, vendredi dernier, de 171 personnes, majoritairement constitué de personnels Réunionnais ».
Tram-train : le peuple tranchera
Antenne Réunion a annoncé hier la diffusion d’un communiqué de Didier Robert faisant état de son projet de faire rouler 2.000 bus au nom de la Région.
En réponse à cet élément intervenu hier soir dans le débat, Paul Vergès a rappelé deux choses. Tout d’abord que tous les Réunionnais peuvent constater que les Cars jaunes qui circulent entre les villes sont frappés du logo du Conseil général, collectivité compétente dans ce domaine. Ensuite, que les bus qui font une desserte à l’intérieur de la même commune sont marqués par le logo de la commune ou de la Communauté d’agglomération, compétentes dans ce domaine. En aucun cas, un bus interurbain ne peut être mis en circulation par la Région, ce n’est pas sa compétence.
Autrement dit, démasqué par ses positions démagogiques, Didier Robert s’enfonce dans l’erreur. Il a pourtant pris connaissance de l’état de l’opinion, très largement favorable au tram-train, mais il persiste dans sa proposition illégale et irréalisable. Plus que jamais, le moment est venu de faire le tram-train, et dès dimanche, l’opinion va trancher cette question.
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