Changement climatique

Anticiper les pluies diluviennes

Un lien entre augmentation des températures et cycle de l’eau

Une étude de scientifiques du Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation publiée dans la revue “Nature” indique que le changement climatique perturbe le cycle de l’eau. Cela signifie que les averses se transforment en pluies diluviennes. Voilà qui apporte un éclairage sur les inondations qui ravagent les Comores.

Des pluies diluviennes se sont abattues ces derniers jours sur l’Archipel des Comores provoquant des inondations importantes et de nombreux glissements de terrain. Les régions de Bambao, de Hambou et de Mbadjini pour la Grande Comore, Sima et Domoni pour Anjouan et Nioumachioi et Hoani pour l’Île autonome de Mohéli ont été affectées par la catastrophe.
Selon les dernières évaluations officielles, fournies par la Commission de l’Océan Indien, plus de 46.139 personnes sont sinistrées et 9.228 personnes sans abri. Le gouvernement comorien a lancé un appel à la communauté internationale afin d’obtenir 2,1 millions d’euros pour venir en aide aux sinistrés.

Le cycle global de l’eau perturbé

Le changement climatique a accéléré le cycle global de l’eau, notamment ceux des précipitations et des évaporations de l’atmosphère, qui va évoluer en fonction du réchauffement planétaire. L’an dernier, des chercheurs ont mis en évidence les liens entre le réchauffement climatique et les pluies diluviennes. Une récente analyse de l’Université de Tasmanie a expliqué que « les prédictions théoriques indiquent que le réchauffement de la planète devrait intensifier le cycle de l’eau atmosphérique ». Toutefois, des données chiffrées restent encore hasardeuses, car les océans couvrent environ 70% de la surface du globe et reçoivent environ 80% de ses précipitations. Paul Durack et ses collègues du Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) ont — pour pouvoir estimer le cycle global de l’eau — utilisé les mesures de salinité de surface recueillies entre 1950 et 2000. Face aux données récoltées, les chercheurs ont conclu que le cycle global de l’eau va s’intensifier de 16 à 24% si la température moyenne globale s’accroît de 2 à 3°C, a indiqué le site Techno-science. « Les régions océaniques relativement fraîches vont être plus touchées et les régions les plus salées vont le devenir. Un changement qui est déjà en cours », selon les analyses réalisées par Paul Durack et ses collègues.

Réduire les impacts humains et économiques

Dans un communiqué de presse, la Commission de l’Océan Indien (COI) souhaite réduire au mieux les impacts humains et économiques liés aux catastrophes naturelles. Avec le soutien financier de l’Agence française de Développement, la COI vient d’engager pour 3 ans un programme intégré de prévention et de gestion des risques naturels et des catastrophes, appelé “Risques naturels de la COI”. Ce projet vise à développer la coopération régionale en matière de protection civile, ce qui correspond au partage des méthodes communes de diagnostic, à l’identification des points faibles en matière de télécommunication et le développement de solutions opérationnelles novatrices pour intervenir conjointement avec efficacité.
La COI a également centré son action sur le relogement des populations sinistrées pour ne pas créer de second traumatisme. Le programme “Risques naturels de la COI” va également lancer un concours, dans chaque pays membre, pour concevoir des solutions de relogement d’urgence répondant aussi aux besoins de remise en activité des services publics de base. Ce programme compte garantir en toutes circonstances l’accès à l’eau potable, à des structures de soin et à des réserves alimentaires. Le programme envisagera la mise en place d’actions pilotes d’aménagement du territoire dans chacun des États membres pour démontrer que « la nécessité de construire et de loger les populations n’est pas antagoniste avec la nécessité de protéger les personnes et de réduire les risques ».

Céline Tabou




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