Bégaiement et droit humain. . . .

24 mai 2007

Le fait de soumettre un bègue à une épreuve orale constituerait-il une infraction au simple droit humain ?
Peut-on refuser de rédiger une attestation de bégaiement lorsque celui-ci est dûment constaté ?

Que penserait-on d’un éducateur sportif qui soumettrait un élève souffrant d’une entorse à une épreuve de course à pied ?
Il subirait, à n’en pas douter, un passage cuisant sous les fourches caudines de sa hiérarchie, des parents, des camarades de classe ainsi que de tout autre témoin d’un spectacle aussi inhumain.
Il paraît cependant normal à nos responsables d’examens, organisateurs et membres du jury ou un recruteur professionnel, de confronter un candidat bègue à une impossibilité physique de même nature lors d’une épreuve orale.
Personnellement, je ne dissocie pas ces deux situations, allant même jusqu’à comparer la douleur provoquée par l’entorse à celle, mentale cette fois, affectant la personne interrogée dont la parole est ainsi mise aux fers.
Quel adepte de la pédagogie dite de la réussite, accepterait sans se renier de placer son élève face à une réelle impossibilité ? Pourrait-il attendre de lui autre chose que les dégâts psychologiques dûs à un profond sentiment d’échec scolaire doublé d’un tout aussi dévastateur dénigrement personnel ?
Je me permets de souligner l’extrême gravité du fait que l’incapacité constatée est totalement indépendante de la compétence de la personne interrogée, dans la matière ainsi évaluée.

Quelle solution adopter ?
Pourquoi ne pas opter pour la solution généralement appliquée dans le premier des deux exemples évoqués ?
L’élève, sujet à une entorse, se présente au cours d’EPS muni d’une dispense en bonne et due forme ; de même, l’élève bègue pourrait présenter au jury d’examen une attestation de bégaiement, conforme et dûment validée par un orthophoniste agréé.
Certains thérapeutes contactés opposent à cette pratique leur refus d’"étiqueter" l’étudiant en lui délivrant un tel certificat.
Je leur rétorquerais que "étiqueté" nous le sommes déjà et ce, bien avant de franchir la porte de leur cabinet.
"Étiqueté", nous l’avons été dès nos premiers bégaiements par nos proches et autres contacts extérieurs à la famille. La différence résidant dans le fait qu’il s’agissait d’un étiquetage négatif, sarcastique et traumatisant alors que, dans la solution proposée, l’étiquetage, déjà existant, a le mérite de nous épargner des souffrances inutiles.
Doit-on définir le degré de bégaiement donnant droit à l’obtention de la dite attestation ?

Faisons confiance au praticien et abandonnons lui le soin de diagnostiquer une situation avérée de bégaiement mettant en évidence l’incapacité du patient à se soumettre à un oral d’examen ou d’embauche, déterminant pour son avenir.
Comment réagir face au refus de se voir décerner une attestation de cet handicap ?

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Messages

  • je suis d’accord avec François .. je n’ai jamais spu passer le Capes d’allemand à cause du bégaiement, justement ... et j’ai eu bien du mal avec les employeurs avant de trouver ma voie....marie ange

    • Bonjour,merci, pour votre témoignage, car je me sens à l’heure actuelle dans la situation dans laquelle vous étiez, car en effet je souhaitais poursuivre en licence en alternance, j ai passé de nombreux entretiens, (une dizaine) mais aucune possibilité, je n’ai eu que des refus.Car mon bégaiement me donne moins confiance en moi et cela m a fait défaut au cours de mes entretiens et désormais je me sens un peu dans l obligation d’interrompre ce projet professionnelle jusqu a ce que je retrouve une bonne élocution.Et honnetement je sens beaucoup de frustration.

  • tous a fais d accord allons plus loin et demandons l europe de s engager dans cette maladie


Témoignages - 82e année


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