APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Élections en France
15 juin 2007

Médecins, associations d’usagers, syndicats lancent un appel pour obtenir l’abandon de cette taxe sur les soins que le gouvernement veut instaurer. La riposte s’organise contre le projet du gouvernement d’instaurer, dès 2008, quatre franchises sur les remboursements médicaux.
Alors que la pétition a déjà recueilli près de 45.000 signatures, une quarantaine d’organisations, associations de médecins, d’usagers, syndicats de salariés, organisations de défense des droits de l’Homme, se sont associées à un appel contre la franchise sur les soins. Lancé par l’Union syndicale de la psychiatrie, le COMEGAS (Collectif des médecins généralistes pour l’accès aux soins), le Syndicat de la médecine générale et Sud Santé, il entend alerter l’opinion. « Nous, soignants, pensons que nous sommes face à une chronique de morts annoncés, évitables », a averti mardi lors d’une conférence de presse Didier Menard, Président du Syndicat de la médecine générale et généraliste à la cité du Franc-Moisin, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
« Appliquer une franchise, c’est l’inverse d’une politique cohérente de santé publique, explique le texte de l’appel. C’est dissuader les patients de se faire soigner pour des maladies apparemment peu sévères mais qui, faute de soins, risquent de s’aggraver. C’est les inciter à reporter à plus tard les actes de prévention. C’est rendre impossible la pratique du tiers payant, alors que celui-ci est nécessaire pour l’accès aux soins des plus modestes ». Enfin, c’est économiquement inefficace : « Les forfaits mis en place ces dernières années n’ont pas empêché l’accroissement des dépenses de soins. La franchise est surtout faite pour réguler les remboursements ».
Pour les signataires de l’appel, le discours sur la responsabilisation cache une « culpabilisation », qui s’appuie sur « la suspicion de l’autre » qui « profiterait » et « abuserait » de la protection sociale.
Jean Vignes, infirmier psychiatrique et représentant de Sud Santé sociaux, estime qu’une « famille avec deux enfants sans problèmes de santé particuliers devra débourser en moyenne 500 euros par an en frais direct pour sa santé ». « La part des frais pris en charge par les patients a explosé ces dernières années : le forfait hospitalier de 16 euros par jour, le forfait de 1 euro sur les consultations, celui de 18 euros sur les actes lourds, les dépassements d’honoraires, la banalisation des déremboursements, la part payée sur les prothèses, sur les transports médicaux, sans parler des pénalités infligées en cas d’erreurs de parcours de soin. Or, l’universalité de l’accès au soin est un fait de civilisation ».
(Source "L’Humanité")
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