APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Libres Propos
20 juillet 2007

C’est tout d’abord M. Serge Hoarau, Gérant de la société “Iridium” (cabinet d’accompagnement pour la conduite de projets de nouvelles entreprises) qui, après avoir souligné que 5.000 entreprises se créent chaque année mais qu’il s’en ferme entre 2.000 à 3.000, précise : « C’est pas mal... Mais attention ! Derrière les chiffres des créations, combien d’entreprises en noms collectifs ne sont en fait que des outils de défiscalisation ? »... Qu’est-ce à dire ?
C’est ensuite M. François Donnadieu, P.D.G. de FDI (entreprise de froid industriel) qui confie : « Dans mon secteur - le froid - il y a de véritables professionnels de la création d’entreprise qui jonglent et recommencent tous les deux ans pour obtenir les aides... ». Hein ! Ai-je bien lu ?
C’est aussi M. Guy Hagelauer, P.D.G. de la Cartonnerie de La Réunion, qui rappelle qu’en matière d’aides aux entreprises, « il y a de nombreuses actions collectives et autres (...). Maintenant, un chef d’entreprise, ça se bouge, il faut l’assister, mais pas trop ». A lire et à relire.
C’est encore M. Philippe Pinteau, gérant de P.H.P.S (bureau d’étude technique) qui note, à propos d’une possible « mutualisation des moyens pour faire face aux difficultés de recrutement » en encadrement : « ... Il ne faut pas se tromper. Souvent, avant même que le projet ne démarre, on commence à se demander si on aura droit à des aides financières. Est-ce vraiment la bonne démarche ? ». Bonne question en tout cas !
Et puis, pour finir, M. Damien de Gail, gérant de Figre (cabinet de courtage en assurance de crédit) : « Les aides financières peuvent être des freins au développement des projets car elles conditionnent ceux-ci. L’entreprise est coupable par défaut avec une instruction préalable qui n’en finit pas. Il faudrait que l’entreprise puisse faire la preuve du bien fondé et de la bonne utilisation des aides qu’elle a reçues après son action ». A méditer...
A moins que l’on retienne également et encore le propos de M. Pajani Camalon, co-gérant de Orlab (société d’ingénierie) et selon lequel « il faut surtout se préoccuper de l’avenir du marché, sinon on peut mettre tous les cathéters qu’on veut, ce ne sera que du saupoudrage ». Et si, mine de rien, il nous causait vrai, M. Pajani ?
Tout cela s’est dit le 7 Juin dernier, lors du Forum des entrepreneurs de La Réunion organisé par A.D. (l’Agence de Développement) et dont la question était de savoir comment rendre plus efficaces les aides (publiques) aux entreprises.
De ces opinions, qu’en m’efforçant de respecter le contexte dans lequel elles ont été exprimées, j’ai ressorti du compte-rendu que le journaliste Hervé Chossat a réalisé pour le mensuel l’“Echo Austral” de ce mois-ci, opinions auxquelles il conviendrait de rajouter celles de M. Philippe Bellard, D.G. du groupe Austral Assistance (« Il faut aider le chef d’entreprise à cette évolution, lui dire de ne pas avoir peur et de se lancer pour grandir... Il y a un réel besoin d’accompagnement personnel, de conseil, de renforcement de la confiance en soi » ), de M. Serge Hoarau (« il manque simplement un véritable outil de terrain pour faire éclore l’idée en projet ») ou de Guy Dupont, le Président de l’A.D. (« il faudrait une véritable station-service à domicile pour aider nos entrepreneurs en démarrage ou en phase d’expansion »), de toutes ces opinions, disais-je, j’en retire qu’il y a aujourd’hui une prise de conscience qui s’exprime aussi dans les milieux économiques, opinion selon laquelle le temps est sans doute venu que soient jetées les bases d’une démocratie participative vraie, dans notre République qui a trop privilégié la démocratie représentative et ses dérives et lourdeurs qui crèvent les yeux.
Et de cela, si A.D. et l’Echo Austral veulent un jour débattre, je suis partant. Plus que jamais, surtout quand un Président de République nous invite, quelle que soit notre opinion, à réformer - et vite ! - nos institutions dont l’archaïsme, lui aussi, crève nos mêmes yeux.
Raymond Lauret
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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