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Nicolas Sarkozy en visite au Sénégal
28 juillet 2007

La reconnaissance d’un passé, mais pas de repentance. Nicolas Sarkozy a reconnu que « la colonisation fut une grande faute » lors de son premier séjour en tant que Président français au Sénégal ce jeudi. Un postulat de départ pour ensuite affirmer qu’elle n’était « pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique », citant les guerres, les génocides, la corruption, les gaspillages.
« Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s’efface pas. Je ne suis pas venu nier les fautes, ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes », a déclaré le chef de l’Etat dans un discours à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. « Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’Homme, un crime contre l’humanité », a-t-il insisté.
« Un crime contre l’humanité »
Mais « nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères ». Au-delà de son auditoire, c’est à la jeunesse que Nicolas Sarkozy s’est adressé. « Jeunesse d’Afrique, je ne suis pas venu te parler de repentance », a-t-il lancé. « Je suis venu vous proposer de regarder ensemble, Africains et Français, au-delà de cette déchirure et de cette souffrance (...). Je suis venu vous proposer, jeunes d’Afrique, non de ressasser ensemble le passé, mais d’en tirer ensemble les leçons et de regarder ensemble vers l’avenir ».
Une façon de recoller les morceaux après son précédent séjour en tant que ministre de l’Intérieur en mai 2006. Nicolas Sarkozy avait alors essuyé les critiques du Président Abdoulaye Wade, hostile au pillage des élites africaines.
« Projets communs »
Cette fois-ci, Nicolas Sarkozy a parlé de co-développement et de coopération. Il a proposé des « projets communs » comme des universités ou des laboratoires et d’« élaborer une stratégie commune dans la mondialisation », ainsi que de « préparer l’avènement de l’Eurafrique », un vaste ensemble dont son projet d’Union méditerranéenne serait « le pivot ». Nicolas Sarkozy, qui a reçu plus tard des opposants au président Wade dans son hôtel, s’est abstenu de reprendre à son compte le principe défini en juin 1990 par le président François Mitterrand à La Baule, dans un discours resté fameux, de "conditionnalité" de l’aide au développement de l’Afrique. « Conditionnalité renvoie souvent à une exigence extérieure que certains, en Afrique, assimilent à une ingérence », a-t-il déclaré dans une interview publiée à Dakar par le quotidien Le Soleil.
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