Le problème posé par M. Eloi Boyer

6 août 2007

Dans sa lettre envoyée à La Région, un habitant de Saint Joseph, M. Eloi Boyer, exprime sans détour son opinion : il faut condamner les rallyes.
Nous avons, dans notre édition de samedi, publié ce courrier. M. Boyer nous en donnait le droit. « Ce serait trop beau », avait-il même rajouté. Rappelons que, pour notre interlocuteur du sud de l’île qui parlait de notre programme de sensibilisation des enfants « afin de faire prendre conscience de la baisse des ressources en énergies fossiles » (dernière édition du magazine de la Région), les concours de 4X4 et les rallyes sont les symboles forts du gaspillage de cette énergie. « Les générations futures, écrit-il, nous condamnerons et à raison. Pour ma part, je refuse la condamnation et je suis loin d’être le seul à être en droit de le faire... ».
Eloi Boyer nous invite les uns et les autres, ATTAC, la Région et, partant, j’élargis à tous les citoyens qui aiment cette Terre qui nous a été prêtée en héritage par les génération de demain, à réagir. « Soyons conséquents », titrait-il fort à propos son courrier à la presse adressé.
La question posée par M. Boyer (« Faut-il condamner les rallyes ? ») nous interpelle donc.
Y répondre, c’est s’interroger. Car, il nous semble évident que M. Boyer, sans le dire, rejoint en quelque sorte le public qui peste contre les rallyes et les autres sports mécaniques hors circuit parce que, là où il passent, ce sont des contraintes strictes qui viennent perturber la tranquillité des gens qui y habitent. C’est bruyant, pétaradant et ... fort onéreux !
Avons-nous, malgré tout, le droit de vouloir interdire aux autres une activité reconnue par les instances sportives internationales et qui disposent dans le monde entier d’un nombre considérable d’adeptes et de supporteurs ? Pouvons-nous le faire alors que la gène est occasionnelle, limitée dans le temps et dans l’espace ?
Allons-nous nier l’importance que l’automobile occupe aujourd’hui dans nos sociétés ?
Devrions-nous donc condamner sans appel Etienne Lenoir et Alphonse Beau de Rochas qui sont les véritables pères de l’explosion de la bagnole automobile puisque ce sont eux qui mirent au point, il y a un siècle et demi, le moteur à combustion interne ?
Si nous devions extrapoler, faudrait-il aussi condamner le cyclisme et le vélo puisque certains en donnent une image tellement controversée ?
Et la boxe, mérite-t-elle d’être qualifiée de “noble art” ?
Quel intérêt et quel sens y a-t-il sur les stades d’athlétisme à lancer le marteau, voire le poids, alors que la question ne se pose pas, par exemple, pour le marathon, les courses de vitesse, de fonds ou de haies ?
M. Eloi Boyer pose cependant un vrai problème.
Un problème dont la solution mérite débat... D’autant plus que les jours du carburant sont désormais comptés. Il n’y en plus que pour deux ou trois décennies. Et le prix du baril n’a pas cessé d’augmenter. Celui de nos libertés également. Délicat dilemme !

Raymond Lauret


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Messages

  • j’avais déjà interpellé sur les ondes de KOI, les auditeurs à la question de la pertinence du maintiend ’activités dites sportives ou de loisirs et qui ne contribuaient pas à la préservation de l’environnement et notamment, le sport automobile étant donné les constats faits lors d’un précédent rallye dans les hauts de Ste Suzanne, sur le site de la forêt Dugain..

    si les activités créatrices de richesses et pourvoyeuses d’emploi comme l’industrie doivent se poser la question du retraitement de leurs déchets, et si l’on observe du point de vue de la protection de l’environnement, une règlementation de plus en plus draconienne (et cela est plus que souhaitable), alors nous pouvons nous poser la question de l’absence de positionnement sur des activités qui n’ont plus de raison d’être, comme le sport automobile local. en effet, certains argumenteront que le sport mécanique (formule 1 notamment) a permis l’innovation de techniques, process et autres inventions que l’on retrouve dans la vie de tous les jours pour l’automobiliste lambda...

    mais la recherche peut elle s’éxonérer de l’effort sportif consommateur et inutile, mais ô combien si cher aux marques des constructeurs automobiles ? la réponse est évidente à l’heure où, pour exemple, les constructeurs aéronautiques n’usent pas de cet artifice pour vendre leurs appareils...

    ainsi donc, oui à l’abandon d’un sport inutile et bête, à l’instar de ceux qui y participent. oui à l’émergence et au développement de sports plus intelligents. plus d’intelligence, c’est ce qui manque sans nul doute à bon nombre d’entre nous, la récente actualité du "lys d’amour" le démontre encore ...


Témoignages - 82e année


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