APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
À l’Entre-Deux
2 avril 2008, par

A l’occasion de la Semaine du Développement durable, l’association FARRE Réunion (Forum de l’Agriculture Raisonnée Respectueuse de l’Environnement) a présenté, hier, des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. Les partenaires techniques de FARRE Réunion dans cette action sont l’Armefhlor, la Chambre d’Agriculture, le CIRAD et la DAF/SPV-Protection des végétaux.
C’est dans l’optique de sensibiliser les étudiants, agriculteurs et consommateurs à une agriculture plus respectueuse de l’environnement que l’association FARRE Réunion a organisé une manifestation à l’arboretum de l’Entre-Deux. En effet, l’heure n’est plus au “tout chimique”, mais au développement de méthodes de gestion des maladies par l’utilisation d’auxiliaires, prédateurs naturels des ravageurs et l’usage raisonné des fertilisants.
Le public a ainsi pu découvrir 5 stands (partenaires et FARRE) sur lesquels les partenaires ont pu exposer leurs travaux relatifs à une agriculture plus respectueuse de l’environnement : travail du sol, lutte raisonnée contre les ravageurs et les maladies des cultures, fertilisation raisonnée, exigences réglementaires...
FARRE Réunion a aussi expliqué la démarche AR (Agriculture Raisonnée) et ses actions en direction du public venu nombreux pour l’occasion. Collégiens, lycéens, tous ont pu plonger dans l’univers d’une agriculture plus saine et respectueuse de l’environnement.
Petit tour sur les stands...
Sur le stand du CIRAD, la mouche des légumes est à l’honneur. « Nous expliquons au visiteur ce qu’on fait au CIRAD, notamment dans le cadre du développement durable. Nous mettons au point des techniques qui permettent de répondre aux attentes des agriculteurs tout en respectant la nature », explique l’animateur du stand. Cette mouche des légumes a fait de gros dégâts dans les champs, et c’est elle qui est à l’origine, notamment, de la disparition de la culture du chouchou à l’Entre-Deux. « Il est donc important de l’expliquer aux collégiens de la commune. Aujourd’hui, les traitements chimiques ne marchent plus, les mouches s’y sont habituées. D’autre part, ces traitements sont nocifs pour la santé, l’environnement et la biodiversité, il faut donc trouver autre chose ». Et au CIRAD, les recherches avancent. L’objectif est de trouver un système de régulation, l’approche est de revenir à un équilibre de l’agro-système. Il s’agit donc de mener une lutte raisonnée contre ces mouches des légumes ; cela va passer par l’introduction des plantes disparues, d’autres insectes prédateurs de ces mouches de légumes. « Et il est important d’inculquer cette culture du développement durable à la nouvelle génération pour qu’ils apprennent à mieux gérer, mieux protéger ».
Pour l’animatrice de l’Armeflhor, l’objectif est « d’informer tous les groupes qui passent de ce que fait l’Armeflhor. Aujourd’hui, la donne a changé, il faut protéger le consommateur et lui proposer des produits sains, sans résidu et de qualité ». Pour ce faire, l’Armeflhor mène des expérimentations pour répondre aux problèmes techniques des agriculteurs tout en respectant l’environnement. Sur le stand, on pouvait trouver des cultures de fraise pour bien expliquer aux visiteurs les procédés suivis par l’Armeflhor.
Sophie Périabe
L’Office du Tourisme de l’Entre-Deux contre les dépôts sauvages
Quatre tonnes de déchets ont été retirées en milieu naturel depuis 1 an dans la petite commune rurale de l’Entre-Deux. Devant ce constat alarmant, l’Office du Tourisme de l’Entre-Deux, et particulièrement deux agents du service qualité de vie de l’Office, sensibilisent toute cette semaine à une meilleure gestion des déchets. « Arrêtons de jeter, nous avons des bacs jaunes, des bacs verts, une déchetterie mobile qui passe tous les mois, beaucoup de choses ont été mises en place pour que la population arrête de jeter n’importe où et n’importe comment », explique Tony Pincemy. En 8 à 10 mois de travail sur le terrain, Tony et son collègue Alexandre estiment à environ 5 tonnes la quantité de déchets qu’ils ont enlevés de la nature. Des batteries, des huiles, des pneus, on y trouve de tout.
Malgré ce tonnage important, Tony constate que ce chiffre tend quand même à diminuer. « Les gens ont de plus en plus conscience de la nécessité de protéger l’environnement, mais il faut souvent le leur rappeler, car les bonnes vieilles habitudes reviennent trop vite ».
Et pour tendre encore plus vers une diminution durable des dépôts sauvages, l’Office veut mettre en place une charte dans les écoles de la commune pour éduquer les enfants dès la Maternelle à comment trier les déchets et réduire leur production. Par la suite, ce sont les enfants qui pourront peut-être “éduquer” les parents !
D’ailleurs, durant toute cette semaine, l’exposition de l’Office, qui se compose de 8 panneaux thématiques et de photos, est présente sur la Place de la Liberté, devant le cyber-case de l’Entre-Deux, et les après-midi, « nous allons dans les écoles ». Différents petits jeux sont organisés pour rendre l’exposition plus attractive : le gaspillage l’eau, savoir trier les déchets, petit questionnaire, etc... Un petit lot récompensera le ou la plus rapide.
Enfin, petit “coup de gueule” en direction des élus : tous les élus sont unanimes pour dire qu’il faut réagir face aux changements climatiques. Il est aujourd’hui nécessaire de protéger notre environnement, etc... Mais où sont les emplois ? « J’ai commencé à travailler au mois de mai l’année dernière. Mon collègue et moi, nous avons récolté tous ces déchets (dépôts sauvages), c’était une première dans la commune. Aujourd’hui, il est important de continuer ce travail ; nous, on veut le faire, nous sommes demandeurs, alors donnez-nous des emplois durables ! », a conclu Tony Pincemy.
Sophie Périabe
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