APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
29 avril 2008

Histoire : C’est sous la IIème République naissante, durant le ministère Carnot, qui était à l’Instruction publique (24 février - 5 juillet 1848), qu’il pose plusieurs jalons fondamentaux de l’ouverture de l’école maternelle.
L’arrêté du 28 avril 1848 introduit pour la première fois le terme d’école maternelle à la place de celui de salle d’asile au profit qu’il s’agit d’établissements d’instruction publique « et non d’établissements charitables ». Surtout, l’arrêté crée une école maternelle normale pour former les enseignants de ces institutions. Marie Pape-Carpentier est la première directrice et le restera jusqu’en 1874, contribuant heureusement au développement d’une pédagogie adaptée aux petits enfants.
Qu’en est-il de La Réunion ?
Il faut attendre la déclaration de la départementalisation pour que, timidement, les écoles maternelles puissent se mettre en place... mais le privé avait déjà commencé le travail. Les personnes qui avaient le C.E.P. (Certificat d’Etudes Primaires) faisaient de “l’école marron”, enseignaient à des jeunes de 2 à 5 ans “le b a ba”. Cela se passait chez eux : des bancs, des petites tables, un tableau noir. Le tour était joué. Je suis allé dans cette école “marron” chez Madame Justine. Mon médecin traitant, elle, c’était chez Madame Augusta... Beaucoup de Réunionnaises et Réunionnais ont pratiqué ces écoles. Puis la machine de l’Education nationale est arrivée. Elle a obligé la fermeture de ces écoles.
Qu’en est-il actuellement ?
Il n’y a pas assez d’écoles maternelles. De la bouche même du Président de la République, des enfants du Cours Moyen 2 (CM2), au moment de passer en 6ème, ne savent ni lire, ni écrire.
En 1970, l’armée a constaté qu’il y avait 46% des jeunes appelés qui étaient soit illettrés, soit analphabètes. Nous étions trois Réunionnais à avoir mis en place l’A.R.C.A. (Association Réunionnaise pour les Cours des Adultes). Les bénévoles de notre association alphabétisaient 1.000 personnes par an. Quelques années plus tard, l’association fut “coulée”.
Il est temps et grand temps de donner le savoir, l’instruction à nos enfants, pour le développement économique, social et culturel. Nous sommes tous responsables de ce déficit. Si nous ne faisons rien aujourd’hui, nous serons comptables devant nos enfants de demain.
Marc Kichenapanaïdou
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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