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Solidarité
23 juin 2008

Hier midi, à l’Espace dionysien de solidarité et d’insertion Alain Péters, l’association Tamij Sangam organisait un repas en faveur des sans-abris et des plus démunis. En ces temps de baisse du pouvoir d’achat et d’augmentation de la misère, il fait bon voir des associations en action.
Il est 11 heures. Plusieurs Dionysiens se retrouvent au local de l’Espace dionysien de solidarité et d’insertion Alain Péters. Des familles s’activent. C’est à qui la charge de la décoration. Une fourgonnette arrive avec le repas, elle est vite déchargée. En cuisine, on commence à disposer les plats. Tout cela dans un esprit bon enfant. Tous les jours, l’Espace dionysien de solidarité et d’insertion Alain Péters distribue des repas, grâce à l’action du CCAS de Saint-Denis. Mais le week-end, ce sont les associations qui prennent cette responsabilité. Oui, la solidarité est une responsabilité, que l’association Tamij Sangam prend à cœur. « Il est très important que la communauté tamoule participe à ce partage, que l’on participe à la vie de la cité réunionnaise », explique un membre de l’association Tamij Sangam. Pour autant, il se défend de parler de solidarité communautaire. C’est en effet en signe d’ouverture que l’association s’engage envers les plus démunis. Par ailleurs, cette action a été soutenue par de nombreuses entreprises. Un restaurant de Saint-Gilles a donné le poisson. La société Catan a fait don de la viande. Bref, chacun a mis du sien pour réussir cette initiative. L’intérêt de la médiatisation d’une telle action, c’est que d’autres associations s’investissent à leur tour. « On voudrait que cela se généralise », poursuit Marius Patchiapin, qui note que l’on devrait accorder davantage de soutien, humain et financier, pour venir en aide aux plus défavorisés. C’est sûr que le contexte social actuel devrait inciter les décideurs à plus d’engagement envers les Réunionnais d’en bas.
Faire preuve de solidarité !
Mais de quoi se plaint-on ? Le CCAS de Saint-Denis propose du lundi au vendredi des repas pour les SDF et les plus démunis. Alors, pourquoi s’en faire ? Au vu de la dégradation du pouvoir d’achat, de l’augmentation du coût de la vie, on a tous intérêt à s’en faire. Même la classe moyenne voit son niveau de vie chuter dangereusement. Alors, que dire de ceux qui constituent la "basse" couche sociale de notre société réunionnaise ? Pour Aurence Bello-Champigneul, de l’Espace dionysien de solidarité et d’insertion, il importe que chacun fasse preuve de solidarité. Elle révèle qu’environ 400 personnes sont dans une situation de vie préoccupante. Son espace a instruit 350 dossiers depuis octobre 2006. Elle y propose un accompagnement social. Certains d’ailleurs profitent de cet encadrement pour réaffirmer un projet de vie, trouver un emploi. D’autres, malheureusement, sont à l’agonie. Un maigre RMI ne suffit pas pour tenir jusqu’à la fin du mois, et l’emploi ne court pas les rues.
« Mi travay pa. Mon RMI mi voi pa li pasé. Moin na in pë ont, akoz mi gingn pa soign amoin. Soman moin lé bien kontan kan demoun i amont azot solidèr ansanm nou. Parss moin lé pa tousèl. Rogard nana bonpé i koné la mizèr à Sinn-Ni. Mi di lasosiasion-là : mèrsi bien », me confie un cinquantenaire. Un jeune écoute attentivement son aîné et déclare quant à lui : « Aou ou gingn RMI. Amoin mi travay pa, moin na pokor laz gingn RMI, é mon fami i vé pi voir amoin. Moin lé dann shemin ». C’est l’occasion de partager des réalités de vie, des histoires de déchéance humaine, de désillusion totale, d’errance. Ces histoires se content dans un local qui porte bien son nom. Alain Péters aurait sûrement donné un mangé pour le cœur à tous ces démunis. Et pour nous, c’est un appel à l’entraide, à la générosité, envers ceux qui sont martelés par les accidents de la vie.
Bbj
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