APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
17 décembre 2008

On nous parle de « révision des politiques publiques », « d’ajustement des effectifs de fonctionnaires », de « redéploiement des services publics », de « modernisation du système de santé », de « réforme de la carte judiciaire », concrètement, ces mots, qui servent à déguiser les attaques contre le service public, signifient que des emplois sont supprimés. « Réformer » pour ce gouvernement signifie qu’un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite ne sera pas remplacé, et juste pour « réformer », ce sont 11.200 postes d’enseignants en moins à la rentrée 2008 dont 9.000 enseignants du Secondaire.
Souvenons-nous de la réforme judiciaire, « réformer » a signifié : suppression de 23 tribunaux de grande instance, de 178 tribunaux d’instance et 55 tribunaux de commerce... Souvenons-nous que depuis sa nomination en mai 2007, le ministre de l’Éducation nationale, M. Xavier Darcos, a en effet déjà à son actif :
• la suppression de la carte scolaire, qui institue la concurrence entre écoles et accélère la formation de ghettos scolaires
• la promulgation de « nouveaux » programmes contraires à l’avis de la profession et des chercheurs, après une mascarade de concertation, menée dans la précipitation
• la diminution de 2h du temps hebdomadaire d’enseignement (l’équivalent de 3 semaines par an !) et la réorganisation de la semaine décidée contre les préconisations des professionnels et des spécialistes des rythmes scolaires
• le discrédit jeté sur les enseignants de l’école publique par des déclarations insultantes sur les maternelles considérées comme de simples garderies où le travail des enseignants consiste à « surveiller la sieste et à changer les couches »
• la disparition programmée des IUFM, revenant à supprimer la formation professionnelle, au lieu de chercher à l’améliorer
• l’étranglement financier des associations éducatives complémentaires de l’enseignement public
• les atteintes au droit syndical, au paritarisme et au droit de grève
• la mise en place du fichier base-élèves, comportant des données qui mettaient gravement en cause les libertés individuelles et le droit à l’éducation des enfants étrangers, quel que soit le statut de leurs parents
• le financement (pour 220.000 euros) d’une officine privée qui doit surveiller les prises de position des enseignants sur le web, « repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau ».
Il vient aussi de faire inscrire dans le budget 2009 :
• la suppression brutale de 3.000 postes d’enseignants spécialisés des RASED, tout en proclamant vouloir diviser par 3 le taux d’élèves en grande difficulté scolaire et en tentant de faire croire que la mise en place des 2 h d’aide personnalisée pourrait remplacer le travail des enseignants spécialisés ;
• la baisse de 30% des postes mis au concours en 2009 et, par voie de conséquence, de la formation continue remplacée par les PE2, avant sa disparition totale en 2010...
Tout récemment, il a confirmé que trois autres « réformes » seront mises en place en 2009 :
• la création de l’Agence nationale du remplacement, qui pourrait employer des maîtres non certifiés et précarisés
• la création des EPEP et la caporalisation des maîtres par des “super-chefs”, les directeurs d’EPEP (500 postes ont été budgétisés pour cela) ;
• la suppression de la maternelle entre 2 et 3 ans, remplacée par un « jardin d’éveil » à la charge des communes et des familles, premier pas vers la suppression de la maternelle avant 5 ans.
Pour l’enseignement professionnel, la suppression des B.E.P. Pour le lycée, la suppression d’options, de disciplines, de filières et de postes !
Pour l’université, la mise en concurrence accrue des universités au préjudice d’un certain nombre d’entre elles, tout particulièrement celle de La Réunion.
C’est aujourd’hui l’ensemble du système éducatif qui est en danger.
L’école n’est plus une priorité de politique publique pour ce gouvernement.
Les lycéens sont dans la rue, ils disent leur inquiétude face à la « réforme » des lycées et la suppression de certaines filières, ils ne comprennent pas, eux qui sont 35 parfois en cours, comment les suppressions de postes pourraient aider à réduire la surcharge d’effectifs dans les classes. Ils ne comprennent pas qu’on débloque 350 milliards d’euros pour le monde financier en crise, nous aussi nous lé en crise, disent-ils et ils ont raison. Ils disent à leurs professeurs de ne pas accepter les heures supplémentaires, de ne pas croire que travailler plus fait gagner plus : il suffit que 9 enseignants acceptent 4 heures supplémentaires pour supprimer 2 postes de professeurs certifiés ! Faire travailler plus certains pour ne pas donner de travail aux autres, voilà la vraie devise de ce gouvernement.
Pour le bureau de l’Union des Femmes de La Réunion,
Paulette Lacpatia
Voir aussi : http://www.lehavreenluttes-education.org/spip.php?article703
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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