APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Littoral Ouest
24 février 2005

Une plaquette “Réserve naturelle marine de La Réunion” a été présentée hier à la presse. Elle explique comment Réunionnais et touristes pourront se baigner et pêcher, tout en préservant le lagon.
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Une réserve naturelle ne se limite pas à un catalogue d’interdictions. Sinon, la Réserve naturelle marine de La Réunion ne vaudrait même pas la peine qu’on en parle. Si son faire-part de naissance a été rendu public hier, sous forme d’une jolie plaquette aux couleurs du lagon, c’est parce que ce projet doit permettre aux Réunionnais de mieux vivre dans leur île.
"On vous présente le serpent de mer", ironisait hier Roger Kerjouan, directeur régional de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DIREN) devant les journalistes. Car ce projet, dont on parle depuis longtemps, "est un projet qui appartient aux Réunionnais, au bénéfice des Réunionnais. On espère avoir le décret de création de la réserve (l’acte officiel de naissance) avant la fin de l’année".
Anne Lieutaud, expert à la DIREN, a insisté sur le principe de gestion participative qui prévaut dans ce projet, contrairement à d’autres réserves naturelles, comme celle de Port-Cros (Var), qui résulte d’une "décision nationale imposée. Ils ont mis 20 ans à s’approprier la démarche !"
Tout autre est la démarche réunionnaise, même si, concède Anne Lieutaud, il n’est jamais possible de donner satisfaction à tout le monde en même temps. Du Cap la Houssaye à la Roche-aux-Oiseaux, la réserve s’étend sur environ 40 km, sur une vingtaine de kilomètres de barrière corallienne dans les territoires de Saint-Paul, Trois-Bassins, Saint-Leu, les Avirons et l’Étang-Salé. Les plages sont exclues du périmètre, ce qui signifie que la baignade reste autorisée partout, sauf dans certains secteurs à plus de cent mètres des plages.
Une garantie d’avenir pour les pêcheurs
Ceci pour réserver des zones de protection maximale, afin de permettre le repeuplement plus rapide des récifs de corail. Ces zones-sanctuaires dites “de niveau 3” sont au nombre de cinq, au large de l’Étang-Salé, de Saint-Leu, de l’Hermitage, de La Saline, et près de la Pointe des Châteaux. Dans les autres zones (niveau 1 ou 2), certaines activités sont interdites (ramassage de coraux, jet de détritus...) ou réglementées (planche à voile, pêche...). La brochure explicative va être diffusée le plus largement possible dans l’île. Et les huit éco-gardes continueront à surveiller le lagon, quitte à subir quelques agressions verbales de la part des récalcitrants...
Comme l’avait précisé Roger Kerjouan, ce "projet conçu dans un esprit de partage et de valorisation" ressemble plus à un cadre qu’à une liste d’interdits. "L’application se fera par arrêtés préfectoraux", a-t-il ajouté, insistant sur le principe du maintien des pêches traditionnelles.
Plusieurs scientifiques étaient invités à cette présentation : ils ont tous expliqué, chacun à leur manière, la nécessité de préserver une partie de notre lagon pour garantir la protection et la reproduction des espèces, ce qui est une garantie d’avenir pour les pêcheurs. Citant l’exemple d’autres réserves comme celle de Banyuls (Pyrénées-Orientales), M. Kerjouan a affirmé que "les acteurs locaux de la pêche voient très rapidement l’utilité de réguler les prélèvements". C’est-à-dire de limiter les prises. "Très rapidement, cela se voit, la législation est mieux acceptée".
Est-il si urgent d’agir ? Oui, ont répondu en substance tous les scientifiques, relayés par Anne Lieutaud : "Nous avons un très petit lagon, par rapport à ceux de la zone océan Indien, avec donc une petite capacité de résistance. Des indicateurs sont alarmants ; beaucoup d’espèces ont déjà disparu".
La création officielle de cette réserve est l’aboutissement d’un long partenariat entre les communes concernées, le Conseil régional ("un partenaire de poids", selon Mme Lieutaud), le Conseil général, le Territoire des communes de l’Ouest et la CIVIS. Après plusieurs années de réflexion, c’est aussi le point de départ d’un mode de vie que l’on espère plus respectueux de La Réunion. La plaquette conseille, "Fo nou shanz manièr, alon mèt ansanm po vèy si nout bordmèr".
Nastassia
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