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Arts Plastiques et/ou Fonnkèr

21 octobre 2008

Fonnkézèr (et fonnkézèz) en pays kabary, la galerie Art Senik a inauguré ce week-end une nouvelle exposition commune signée Babou B’Jalah, Huguette Ah-Nième et Muriel Martineau.




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<p>Babou B'Jalah dans le rond du kabar en train de dire les poèmes d'inauguration.
(photo FL)</p>

Babou B’Jalah dans le rond du kabar en train de dire les poèmes d’inauguration. (photo FL)

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Babou B’Jalah dans le rond du kabar en train de dire les poèmes d’inauguration. (photo FL)

Le "hall" de la galerie d’Art Senik ouvre ses portes sur un ciel grillagé d’où pendent des cartes postales signées Muriel Martineau qui oeuvre dans l’art postal. Les murs de la grande salle portent d’un côté les créations sur gounis, peints et cousus, de Huguette Ah-Nième et de l’autre les carnets d’écritures de Babou B’Jalah dans un écrin de fer blanc.
La petite salle est devenue un espace fonnkézèr. Le sol est tapissé des portraits du poète réunionnais, et les murs recouverts de ses manuscrits poétiques... de la lecture pour des heures et des jours.
Au centre de la grande pièce, un rond de terre rouge délimité un autre espace, celui de la parole : les exposants, suivant le rituel du maître de Kabar Babou B’Jalah y sont venus dire chacun un poème, d’autres personnes ont également lu leur fonnkèr, parfois pour la première fois, comme une sorte de baptême sanctifié par le don d’un petit sac de terre rouge.

Fonnkèr koman tablo

La terre rouge et le kabar, qui suit le travail de Babou B’Jalah n’est pas surpris de l’intimité qu’il nourrit avec la grande île. Ce qui est le plus surprenant, finalement, c’est le choix d’exposer des manuscrits poétiques comme des tableaux, de prendre le texte comme un élément intégrant les arts plastiques.
Mais surtout, cela amène une autre question : est-il si difficile de publier un recueil de poème créole pour que le fonnkézèr se retranche dans les interstices de l’art contemporain ? Ou alors est-il si difficile de faire entrer le livre en créole dans la case domoun pour choisir de faire entrer les gens dans la case fonnkèr ? Ce choix éditorial du poète devenu plasticien témoigne non pas d’un retranchement, mais d’une sorte de résurgence : se fabriquer un espace pour être, pour exister, pour dire, s’offrir dans la nudité manuscrite aux regards. Une sorte de grotte...

Francky Lauret

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