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23 septembre 2006
Il y a un an, le Pape Benoît XVI, lors des JMJ de Cologne, disait son estime pour les croyants musulmans et invitait chrétiens et musulmans au dialogue : "Ensemble, chrétiens et musulmans, nous devons faire face aux nombreux défis qui se posent en notre temps. Il n’y a pas de place, disait-il, à l’apathie, ni pour le désengagement et encore moins pour la partialité et le sectarisme", Invitant même à l’optimisme, il ajoutait : "Nous ne pouvons pas céder à la peur, ni au pessimisme. Le dialogue interreligieux et interculturel entre chrétiens et musulmans est une nécessité vitale dont dépend en grande partie notre avenir". Dans ce même message, il abordait déjà un thème qui lui est cher : la violence et l’intolérance qui sont incompatibles avec la religion : "Si nous réussissons ensemble à extirper de nos cœurs le sentiment de rancœur, à nous opposer à toute forme d’intolérance et à toute manifestation de violence, nous freinerons ensemble la vague du fanatisme cruel qui met en danger la vie de nombreuses personnes, faisant obstacle à la progression de la paix dans le monde".
Cette déclaration montre à l’évidence l’intérêt que porte le nouveau pape, comme son prédécesseur, le regretté Jean-Paul II, au dialogue entre les religions. Peut-être peut-on déjà souligner une différence de style et de méthode quant à l’approche de ce processus de dialogue qui ne manque pas d’ embûches. Et je le dis en connaissance de cause.
Les récents propos de Benoît XVI ainsi que les réactions qui s’en suivent me confortent dans ce sentiment. Il suffit parfois de peu pour remettre en cause le bel édifice de confiance et de dialogue longuement et patiemment construit.. En l’occurrence, dans sa dernière communication consacrée à la foi et la raison, le choix par Benoît XVI de cette anecdote ayant pour cadre le Moyen Age n’était pas bien inspiré. On y a manifestement manqué de précaution et d’anticipation. De façon à éviter que ces propos, sortis de leur contexte, puissent être instrumentalisés en vue d’alimenter la polémique.
Je crois qu’il faut raison garder. En tant que croyant engagé dans le dialogue entre religions, je sais que la tâche est ardue mais que rien n’est définitivement irrémédiable. Au contraire, je pense que le dialogue entre musulmans et chrétiens, ainsi qu’avec les autres, reprendra désormais sur de nouvelles bases. Il le faut. Face aux intégrismes et à la crise qui bouleversent une bonne partie de la planète, le monde aspire ardemment à la paix. La foi et la raison peuvent ensemble mener sur ce chemin vers la Lumière comme nous y convie le Pape Benoît XVI. À qui je garde toute mon estime.
Idriss Issop-Banian
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