APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Jean-Hugues Ratenon
2 janvier 2010, par

« C’est l’année où les Réunionnais se sont levés pour dire « arèk èk sa ! » »
Sur l’année 2009 riche en événement, Jean-Hugues Ratenon donne son opinion.
Jean-Hugues Ratenon, quel bilan tirez-vous de l’année écoulée ?
- Jean-Hugues Ratenon : sur le plan social, la situation est catastrophique : plus de la moitié des Réunionnais vit au-dessous du seuil de pauvreté. Le coût de la vie exclut le plus grand nombre. Le chômage atteint 30% et frappe un jeune sur deux. Ce ne sont pas des chiffres abstraits : le constat d’une vie qui n’est plus vivable, les Réunionnais le font tous les jours. Au mois de mars dernier, ils ont participé à de grands mouvements populaires, afin d’interpeller le pouvoir. 2009, c’est l’année où les Réunionnais se sont levés pour dire « arèk èk sa ! » Ces mouvements sociaux ont été suivis des États généraux de l’Outre-mer (EGOM), qui ont abouti aux orientations présentées par le président de la République, après le Conseil interministériel de l’Outremer le 6 novembre dernier. Depuis rien n’a changé. Et les choses vont en s’aggravant, car 2009, c’était aussi l’année de la crise… Et tout porte à croire que la crise et ses effets vont s’amplifier en 2010…
Quelles solutions entrevoyez-vous pour faire face à la crise ?
- Fondamentalement, c’est avant tout par la mobilisation de tous sur la solidarité que nous pourrons répondre à la crise. Il faut poursuivre et amplifier les combats de l’année 2009 : assistants d’éducation, baisse des prix, (…). Mais face à une crise qui touche le fondement même de la société réunionnaise, il faut des solutions de fond. L’effondrement de l’ARAST, par exemple, est un signe qui ne trompe pas. Il montre que nous ne pouvons pas continuer comme ça. Or, des transformations sont possibles : la création du Groupement d’intérêt public d’aide à la personne peut être un premier pas vers des changements de fond.
Dans quels cadres peut-on, selon vous, rendre possible ce rassemblement des Réunionnais ?
- L’année écoulée a montré que les Réunionnais pouvaient s’unir contre l’injustice des prix et de la vie chère. La formation du COSPAR a montré une capacité de travailler ensemble. Aujourd’hui, il est urgent de se mobiliser pour la mise en place de solutions alternatives. C’est dans ce but qu’a été créé, à Cambuston, le Collectif du 25 octobre, qui propose des alternatives pour que le chômage ne soit pas une fatalité. La proposition forte de créer 50.000 emplois de proximité a été formulée dans ce cadre. Nous la défendrons devant le président de la République, lors de sa venue le 18 janvier prochain. Lorsque l’on considère tous les problèmes qui persistent — l’illettrisme et le chômage perdurent, le logement demeure insuffisant —, et toutes les politiques qui ont mené à l’échec quel que soient leurs couleurs, la réconciliation entre les Réunionnais et le pouvoir métropolitain est plus que jamais nécessaire… et l’alliance de tous, au-delà des labels politiques doit primer.
Propos recueillis par G.G.
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