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Changement climatique : une préoccupation mondiale
10 janvier 2009
Les mécanismes de développement propre (MDP), prévus dans le cadre du Protocole de Kyoto, provoquent un boom des actions de réduction des émissions de CO2 dans les pays en voie de développement, selon un bilan publié par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). L’ONU a enregistré 4.237 projets de MDP en 2008. L’écrasante majorité des initiatives concerne les énergies renouvelables. Toutefois, l’ONU déplore le manque d’investissements dans des mécanismes de développement propres dans le bâtiment et la construction.
Les mécanismes de développement propre (MDP) provoquent un boom des actions de réduction des émissions de CO2 dans les pays en voie de développement.
Les MDP permettent à des entreprises ou des institutions des pays industrialisés de compenser une partie de leurs émissions de CO2 en investissant dans des projets de réduction des émissions de CO2 initiés dans les nations en développement.
L’Asie en tête avec la Chine et l’Inde
L’ONU a enregistré 4.237 projets de MDP en 2008 (bilan arrêté à fin novembre), contre 61 en 2004. C’est en Asie que le décollage est le plus spectaculaire : 3.240 projets cette année, contre 18 en 2004. Viennent ensuite l’Amérique latine (814 projets en 2008), l’Afrique (87), le Moyen-Orient (54) et enfin l’Europe de l’Est et l’Asie centrale (42).
Par pays, la Chine se taille la part du lion (1.557 projets) devant l’Inde (1.135).
L’écrasante majorité des initiatives concerne les énergies renouvelables : l’hydroélectricité d’abord, puis la biomasse, l’éolien, le solaire, la géothermie... Le PNUE regrette la faiblesse des projets dans l’efficacité énergétique des bâtiments (14 projets recensés dans le monde). Et ce, malgré un enjeu énorme : l’ONU estime que les émissions de CO2 liées au bâtiment risquent de pratiquement doubler de 9 milliards de tonnes en 2004 à 16 milliards en 2030.
Le nombre pourrait doubler d’ici à 2012
La croissance des MDP devrait continuer : le nombre de projets pourrait doubler d’ici à 2012, aux environs de 8.000 par an, selon le PNUE. Il est vrai que les entreprises des pays industrialisés sont très intéressées par les mécanismes de compensation carbone, malgré les critiques des défenseurs de l’environnement qui estiment qu’elles feraient mieux de réduire leurs propres émissions de CO2. Et même les particuliers s’y mettent de plus en plus, surtout aux Etats-Unis.
Le PNUE dénonce le manque d’investissements dans des mécanismes de développement propres dans le bâtiment et la construction.
Avec 8,6 milliards de tonnes de gaz à effet de serre émis en 2004, soit un tiers des rejets mondiaux, les secteurs du bâtiment et de la construction constituent un important levier de lutte contre le réchauffement climatique. Une idée réaffirmée par un récent rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, qui dénonce le manque d’investissements dans des mécanismes de développement propres dans ces secteurs. D’autant que les technologies existantes permettraient, selon les experts du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), de réduire de 30% les émissions de GES à l’horizon 2030. Le rapport met en avant l’urgence d’une réaction face à la croissance économique de pays comme la Chine et l’Inde qui contribuent de manière exponentielle au réchauffement climatique. D’après les calculs du GIEC, au rythme actuel, les émissions des secteurs du bâtiment et de la construction pourraient atteindre 15,6 milliards de tonnes d’ici à 2030.
Risham Badroudine
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