APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Catherine Gaud, candidate de l’Alliance
13 mars 2010, par

La numéro deux de la liste de l’Alliance, Catherine Gaud est revenue sur la création du Centre hospitalier universitaire de la Réunion (CHUR). Cette structure permettra aux étudiants réunionnais de faire leurs études à La Réunion, mais sera aussi une centre d’excellence dans toute la zone océan Indien, et Afrique Francophone.
Que pourrait rapporter la création du CHUR ?
- Paul Vergès et moi sommes très impliqués dans la réalisation de ce projet. Nous nous sommes battus pour lui, parce qu’il permet, dans le cadre de l’université d’excellence, aux étudiants Réunionnais de faire leur étude à La Réunion, mais il en sera de même pour les étudiants Mahorais, Malgaches, Seychellois, Mauricien, et venant d’Afrique Francophone.
L’enjeu est important, car c’est offrir une grande université de médecine, dans l’océan Indien. C’est un outil essentiel pour les Réunionnais, mais c’est également un moyen de co-développement.
Lorsque Paul Vergès avait proposé la création du CHUR, deux parlementaires avaient répliqué que La Réunion était trop petite, et qu’on en avait pas besoin. Ce qui est inacceptable.
Que pensez-vous de la gestion de l’argent public dans le dossier de la Grippe A ?
- En ce qui concerne la grippe A, un milliard et demi d’euros ont été dépensés pour l’achat de vaccin, masques, et produits désinfectant, ils ont en plus sorti les médecins hospitaliers de leurs services pour les faire travailler dans les gymnases. C’est une mauvaise gestion de la part du gouvernement, d’autant plus que l’épidémie de la grippe A n’était pas grave, alors la grippe normale fait beaucoup plus de mort.
À La Réunion, les gens ont été vaccinés alors que la grippe A était terminée. On voit encore aujourd’hui des publicités incitant les gens a allé se faire vacciner, c’est inadmissible. Le ministère de la Santé trompe les gens pour qu’ils aillent se faire vacciner, alors que les statistiques de décès sont plus faibles que pour celles de la grippe saisonnière. L’étude CoPanFlu de l’École des hautes études en santé publique a indiqué que 30% de la population avait été vaccinée, alors que le risque d’une seconde vague de grippe A est minime. Le gouvernement a mis en place un système défaillant, alors qu’il aurait s’occuper davantage des maladies comme le diabète, l’asthme, l’hypertension, et les insuffisances rénales, qui tuent des centaines de personnes.
On a pu lire dans les médias, que le gouvernement avait donné des milliers de vaccins à des pays en voie de développement, alors qu’il a été incapable d’aider à soigner les 3 millions de morts dus à la rougeole.
Que pensez-vous du système de santé ?
- Notre système de santé est dans une mauvaise passe, plus ça va, plus on porte le poids de la santé sur les contribuables, qui doivent payer les forfaits hospitaliers. Les gens doivent débourser 50 euros de franchise pour payer les médicaments, l’ambulance, entre autre.
Le déremboursement s’accentue, de moins en moins de médicaments sont remboursés, par exemple le zovirax (anti-herpétique) et le profénide (anti-inflammatoire) qui sont des médicaments très efficaces.
À cela s’ajoute, la fermeture de centres hospitaliers, dont un hôpital pédiatrique à Paris, qui se retrouvera avec deux hôpitaux pédiatriques seulement, c’est une aberration.
Maintenant, les médecins n’ont plus les moyens de traiter leurs patients. La direction, et le ministère de la Santé, nous demandent de faire du quantitatif, et non du qualitatif. Il faut faire du chiffre, les dernières personnes recrutées dans les hôpitaux sont des gestionnaires.
Certes, il faut être rigoureux, mais le patient n’est pas un produit de consommation, il faut s’occuper de l’individu. Bien soigner, c’est prendre en charge globalement la personne, car bien s’occuper de quelqu’un, c’est d’une manière l’amener à moins utiliser le système médical, et à se sentir mieux.
Il faut faire attention à l’autre, et en prendre soin.
Propos recueillis par Céline Tabou
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