Ces propos n’engagent que leur auteur...

7 mars 2005

(page 2)

Dans l’édition de samedi du “JIR“, Christian Chardon et Benjamin Wright sortent la grosse artillerie. Au bout de leur canon : la société “Pêche Avenir”, dont ils assurent que "l’horizon est noir comme le drapeau d’un pirate".
Plusieurs vices de forme et de fond fragilisent la situation de cette société dont on se rappelle - toute la presse en a plus ou moins abondamment parlé à l’époque - qu’elle avait obtenu des quotas de légine dans des conditions qui avaient irrité la profession et légitimé bien des insinuations. Personnellement, mais dans des conditions autres que celles qui prévalent dans ce “Libres propos”, j’avais été amené à m’exprimer ici même, dans les pages de “Témoignages” (des 11 et 13 juillet 2001, des 2, 3 et 10 septembre 2002, plus précisément) sur cette affaire qui fait tout de même, et à plus d’un titre, désordre, ne serait-ce parce que le poids d’un homme politique d’influence dans les plus hautes sphères de l’État a été utilisé pour favoriser la branche familiale.
Jusqu’à présent, cela relevait du petit (ou du grand !) copinage, que des juges, dans leur liberté d’interprétation, peuvent toujours considérer comme découlant davantage de la morale que de la loi et donc nullement sanctionnable par leurs tribunaux. Il est exact que les “juges de moralité” que sont les électeurs ont dit leur vérité en 2004 et que la sentence a été remarquée. Justice fut donc dite, serait-on enclin à penser !
Depuis peu - depuis que le partenaire japonais de Pêche Avenir s’est adressé aux autorités de l’État français - l’affaire prend une autre tournure. Le terme “d’escrocs”, le non-versement de primes d’intéressement (pourtant contractuelles), le non-respect des règles portant sur la conformité des équipages et de leur commandement apparaissent dans les griefs rendus publics par celui-là même qui se retrouve éjecté d’une affaire qui n’aurait jamais pu voir le jour si, au départ, il n’y avait pas été associé et s’il n’avait pas alors apporté l’essentiel : un bateau et son capitaine..., au prix symbolique !
J’ai entre les mains le rapport que M. Shozo Tsuru, administrateur directeur général de la société Anyo Suisan S.A. a envoyé depuis Tokyo à toute une série de hauts responsables français qui, tout autour de ministres de la République, les conseillent. Je vous prie de me croire : il n’est pas tendre, ce Monsieur Shozo Tsuru, pour ceux qui, dit-il, l’ont trahi et qu’il envisage de poursuivre devant les juridictions appropriées.
Ce rapport est daté du 12 novembre dernier. Sauf si l’Administration française est totalement grippée dans les rouages de son fonctionnement, il n’est pas pensable que M. Raffarin, Madame Girardin, M. De Villepin ou M. Chirac n’en aient pas été informés, et même alertés.
Or, il y a deux semaines à peine, notre ministre de l’Outre-mer, ancienne Administratrice Supérieure des T.A.A.F. et conseillère du Président pour les affaires de pêche dans la zone, créait l’événement en allant recevoir, devant les caméras et la population rassemblée, bisous et compliments là où réside, comme lui a écrit l’armateur japonais, ce monsieur qui a laissé de si mauvais souvenirs au pays de la parole donnée, qui vaut parole d’honneur.
Ma conclusion : "le JIR” pourra écrire tout ce qu’il veut sur Pêche Avenir, la messe est dite. Le baiser qui efface toutes les fautes a été donné. La République peut continuer son chemin. Ainsi soit-il... Ainsi sont-ils...!
Ce sont là des propos qui n’engagent que leur auteur.

R. Lauret


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