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Les travailleurs de l’ARAST victimes de manœuvres politiciennes
25 janvier 2010, par

La chute de l’ARAST ne s’est pas accompagnée du débat que l’on aurait pu attendre quant au rôle des dirigeants de l’Association. L’intérêt de l’opinion a plus volontiers été porté sur les conflits au sein du Conseil général et plus particulièrement sur les attaques subies par sa Présidente, Nassimah Dindar.
Tout le monde se souvient pourtant que la faillite de l’association Saint-Jean de Dieu avait donné lieu en 2003 à une procédure de liquidation, au cours de laquelle les responsabilités des dirigeants avaient été examinées selon les procédures normales.
Or, bien que l’affaire de l’ARAST défraie la chronique, la question de l’implication des responsables est ici la grande absente. Serait-ce parce que certains d’entre eux ont déjà pu se reclasser à des postes politiques enviables, via certains réseaux politiques ? Pour répondre à cette question, il faudrait éclaircir les mécanismes par lesquels l’association a été utilisée dans le passé à des fins de clientélisme politique. Opération qui n’est pas très difficile, pour qui se penche sur les lieux d’implantation et d’action de l’ARAST… On pourrait ainsi comprendre le choix qui a présidé à la création de l’ARAST, dont la non-viabilité avait pourtant été soulignée de longue date.
L’opinion ne pourra être trompée indéfiniment
Créée le 29 octobre 2003 après l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire de l’association Saint-Jean-de-Dieu, l’ARAST prenait elle-même la suite d’une formule basée sur la fusion, en décembre 2000 de cette dernière structure et de l’ARFUTS, déjà pris dans des problèmes comparables… Si un intérêt politique n’avait pas été en jeu, il y a fort à parier que cette forme d’organisation n’aurait pas été poursuivie.
L’Alliance a rappelé la constance de ses prises de positions dans un communiqué du 11 janvier : « hier dans l’opposition et aujourd’hui dans la majorité, nous avons toujours dénoncé les dérives financières de l’ex-ARAST. Aujourd’hui, la faillite de cette structure vient après des mises en garde successives : « Compte tenu des impasses décrites, l’offre de reprise présentée en 2003 ne pouvait que conduire à une situation financière future problématique », soulignait déjà un rapport d’audit en 2002 à propos de la création de l’ARAST ».
Hier, les travailleurs étaient utilisés par un dispositif qui se servait des missions sociales qui lui étaient confiées à des fins électorales. Aujourd’hui, ils demeurent les otages de ce système jusque dans sa chute… Mais l’opinion prend peu à peu conscience de la gabegie, de l’utilisation politique de l’ex-ARAST et des responsabilités croisées des dirigeants et ceux qui ont bénéficié de ces agissements et les ont couverts.
Le discours populiste qui voudrait mettre tous les élus dans le même “sac” pour protéger les véritables responsables ne pourra éternellement empêcher de faire toute la lumière sur les causes et les conséquences de la chute de l’ARAST.
Geoffroy Géraud-Legros
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