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25 août 2007
Concernant la célébration du 23 août, Journée internationale de la traite négrière, nous ne pouvons que constater le peu d’écho de cet évènement dans nos espaces environnants et gageons que, certainement à l’avenir, la diffusion de cette Hommage, à l’égard de la Mémoire de nos Pères, se fera de façon plus élargie aux mondes scolaire et universitaire par exemple (à noter le hiatus, avec la date de la rentrée de nos enfants préjudiciable au bon déroulement d’une digne commémoration avec leur participation).
Cependant, force également nous est de constater que l’annonce de cet anniversaire peut surprendre : pour ma part, le 10 mai, vote de reconnaissance de l’esclavage comme étant un crime contre l’Humanité, et le 20 décembre, abolition de cette infamie sur notre île, étaient les seules journées que je retenais avec attention comme des rendez-vous à ne pas manquer.
Je ne veux pas trop polémiquer ici du bien fondé de ce choix : Pourtant, sur la bienheureuse Ile d’Hispaniola, qui réunit géographiquement les Républiques de Haïti et de Saint-Domingue, aujourd’hui nous sommes informés de la barbarie extrême que subissent des milliers d’enfants (300.000 estimés). Les "restavec", vivent une situation similaire sinon bien pire - à mes yeux du moins -, que celle vécue par leurs ancêtres, car ce sont leurs descendants qui agissent ainsi sous le regard d’une indifférence coupable de la part du concert des nations, toujours prompt à placer ses compétences sous le couvert d’agitations de bonnes volontés souvent inopérantes en vérité, et déplaçant de fait les véritables réalisations qui restent à mener au présent, même si le passé ne peut et ne doit s’effacer devant les contraintes et nos devoirs quotidiens.
Ne les occultons pas de nos pensées. Haïti est de nos jours une île délabrée, en proie à une corruption telle que ce cancer généralisé pourrait, à terme, avoir des conséquences bien plus dramatiques encore.
N’oublions pas non plus, en aparté, que Toussaint Louverture, l’âme de la fameuse proclamation de 1793*, est l’auteur, le 12 octobre 1800, d’un règlement reconduisant le travail forcé des Noirs sur les plantations. Ne renions pas également la profonde injustice commise par l’empereur Bonaparte en rétablissant cette horreur, même si cet acte a conforté la rébellion libératrice sémantiquement parlant s’entend. Je ne suis pas sûr que Haïti soit un bon exemple pour exalter et revendiquer sur ce domaine sensible, mais qui peut l’être, en réalité, sans se voiler la face ?
Néanmoins, l’initiative de l’Unesco (il y a 14 ans, en 1993) sur proposition de ce pays de dédier cette journée à l’établissement d’une "Route de l’Esclave" symbolisant à la fois les migrations des peuples contraints et forcés, mais aussi leur unité au travers d’un destin commun d’asservissement et de soumission sous le joug d’autres hommes (avilis eux-mêmes surtout par leurs appétits placés sous des dominations de profit et de vanité), est de bon aloi. Il m’aurait semblé toutefois que "Chemins de l’Esclave" aurait été plus judicieux tant les parcours peuvent être différents et les endroits, excentrés. Chaque lieu pouvait ainsi légitimement traduire, dans sa propre culture, le vécu des Anciens, tout en le reliant à l’Histoire de l’Humanité puisque, naturellement, tout sentier traverse toujours des carrefours.
C’est peut-être pourquoi l’impact semble si peu perçu. La responsabilité citoyenne de chacun ne se sent peut-être pas suffisamment concernée, peut-être pour ne pas avoir été plus amplement éveillée, voire impliquée, c’est indispensable, au sein des activités à mener.
L’action seule des institutions, avec le relais des médias, semble avoir manqué de souffle, pour ne pas dire de bras, car même si la volonté était présente, la parole ne peut créer durablement sans l’aide de ses mains, et accessoire de ses jambes, je crois : C’est une impression subjective, bien évidemment.
C’est ensemble que, réunis, nous pouvons agir concrètement et efficacement : Seul, personne ne peut rien, et j’imagine aisément que les acteurs locaux sauront méditer cette évidence, car l’animation harmonieuse de la cité dépend étroitement des liens entre ses maisons.
Jean Salim R
* Le 29 août 1793, Toussaint lança sa proclamation où il se présentait comme le leader noir : « Frères et amis. Je suis Toussaint Louverture ; mon nom s’est peut-être fait connaître jusqu’à vous. J’ai entrepris la vengeance de ma race. Je veux que la liberté et l’égalité règnent à Saint-Domingue (ancienne appellation d’Haïti). Je travaille à les faire exister. Unissez-vous, frères, et combattez avec moi pour la même cause. Déracinez avec moi l’arbre de l’esclavage.
Votre très humble et très obéissant serviteur, Toussaint Louverture, Général des armées du roi, pour le bien public ».
(Source : Wikipédia)
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