Choisir pour agir

23 octobre 2007

Tout récemment, en me voyant remplir le radiateur de ma voiture, avec une eau verdâtre : le liquide de refroidissement, ma petite fille, âgée de 4 ans m’a demandé avec surprise : « Papy, tu donnes de la limonade à ta voiture pour avancer : pourquoi pas du rhum, du sucre, de l’huile et des chips ? » tout le contenu du panier qui se trouvait à coté d’elle. Je n’ai pu que lui répondre : Dépêche-toi ! Nous sommes en retard et ce n’est pas le moment de plaisanter.
Mais en y réfléchissant de plus près, je me suis posé des tas de questions.
Quel peut-être le meilleur carburant de l’avenir ?
De quoi serait-il composé et de quels ingrédients ?
Pour prendre un seul exemple : l’eau. Mais voilà, le charbon de demain, selon l’idée de génie de Jules Vernes.
Aujourd’hui, beaucoup le rejoignent et proposent d’autres sources d’énergie - non polluantes, sans aucun danger, et tout aussi variées.
Ainsi, devant la pénurie des combustibles de fossiles et au nom du concept du développement durable : « répondre aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures » Une nouvelle ère énergétique est née, une nouvelle économie s’ouvre devant nous : l’économie d’hydrogène.

Rappelons que l’hydrogène du grec ‘hydro’ eau et ‘gêne’ producteur, créateur, est un gaz que l’on trouve en abondance dans l’univers, cependant il n’existe pas à l’état naturel et est lié à d’autres atomes, par exemple sous forme d’eau (H2O) ou de méthane. Il faut le produire, surtout à partir de l’électrolyse ou reformage hydrocarbures. La combustion hydrogène et oxygène n’engendre que de l’eau et fait de l’hydrogène un carburant propre et un vecteur d’énergie.
Comme le pétrole, l’hydrogène nécessite toute une chaîne de production qui va de l’extraction jusqu’à l’utilisation complète, en passant par le transport et le stockage. Pour que l’opération soit rentable, nulle doute, une source d’énergie bon marché est nécessaire (solaire, éolien, et plus tard pompe à chaleur géothermique et énergie marémotrice ).

La pile à combustible à hydrogène nous fait rêver. Elle est séduisante. Grâce à un dispositif électrochimique, elle est capable de transformer l’hydrogène en électricité et en chaleur, sans combustion et elle ne génère pas d’émission. Du carburant propre... un jour peut-être. La citerne d’hydrogène n’existe pas localement.
Rabattons-nous plutôt sur une voiture électrique. Un véhicule électrique ? Et où peut-on l’acheter maintenant à un prix raisonnable ? Un jour... peut-être ! Toutes les recherches menées jusqu’ici se heurtent aux limites de son autonomie et à la lourdeur des opérations de recharge de ses batteries. Reste donc la voiture à air comprimé.

La voiture à air comprimé
Quand on parle de cette petite merveille, elle suscite toujours le scepticisme. Ca ne peut pas marcher et lorsqu’on explique comment elle fonctionne, ca n’a pas l’air de convaincre davantage. Et alors pourquoi ?
Aujourd’hui, parmi les alternatives pour réduire notre dépendance énergétique, que reste-il ? Quelle solution trouver ?
Fuir les embouteillages et marcher à pied, utiliser le vélo, les rollers, ce qui est loin d’être négligeable pour la santé !
Et les autres véhicules ?

Les véhicules hybrides
A mi-chemin entre les carburants traditionnels et le tout électrique, les véhicules hybrides restent un bon compromis puisqu’ils réduisent les émissions de gaz à effet de serre, ne bouleversent pas nos habitudes. Cette technique associe 2 sources d’énergie : Energie thermique (essence ou gazole) et l’électricité, grâce aux batteries lithium-ions ; Le choix de tel ou tel mode de fonctionnement est donné le plus souvent, par l’ordinateur de bord. La filière hybride n’est pas la panacée, mais reste une solution la plus prometteuse à moyen terme.

Pour ceux qui n’aiment pas rester coincés des heures et des heures dans les bouchons et qui ne veulent pas frimer, surtout les jeunes, il y a les 2 roues électriques correspondant à des 50 cm3 et ne dépassant pas la vitesse des 50 km/h.
Elles ne font pas de bruit, n’admettent aucune pollution. Equipées de petites batteries, elles se rechargent sur une simple prise de courant. De plus, elles sont agréées par l’ADEME. Pas de bougies, pas de chaînes, pas de courroie, mais un bon entretien des batteries est nécessaire.

De toute façon, pour sortir “la route de l’impasse”, nous devons nous battre sur tous les fronts d’une manière coordonnée et réfléchie, favoriser d’autres modes de déplacements, d’autres moyens de transports publics. Le trafic peut s’avérer plus intéressant par voie d’eau. Des embarcadères modernes peuvent offrir une alternative aux trajets terrestres. Revenir à l’utilisation du ferroviaire et chaque fois que cela est possible et le covoiturage permettra encore davantage de réduire notre dépendance de pétrole, évitant ainsi des gros embouteillages. Et à long terme, si la pénurie nous menace encore, comme le font remarquer certains économistes, nous serons dans l’obligation de revoir notre mode de vie, comme par exemple abandonner nos 4x4, gros consommateur d’énergie, remplir nos avions à moitié pleins brûlant du kérosène en abondance, à moins que d’ici là, tous nos avions électriques volent avec des batteries aux lithiums-soufre, détruisant au passage tout ce qui est nocif.
Pas de doute, avec les inquiétudes concernant le réchauffement provoqué par le brûlage des combustibles comme le charbon et le pétrole d’autres sources d’énergie respectueuses de l’environnement doivent germer autour de nous.

Le biogaz
Issu de la décomposition, par fermentation des matières organiques, le biogaz peut représenter une filière performante à La Réunion, puisqu’il produit 5 fois plus d’énergie qu’il n’est consommé. La palette des résidus forestiers et agricoles (bois, paille, foin, arbre, écorce de bois, bagasse, papiers, cartons...) la palette des résidus agricoles et forestiers est inépuisable dans ce domaine, sans oublier les effluents des industries agro-alimentaires, les lisiers d’élevage, les décharges d’ordures ménagères et les eaux usées des stations d’épuration destinés à faire rouler nos bus. Accessoirement, ces déchets abandonnés ou mis en décharge auraient dégagé du gaz à fort potentiel dans la nature.

FILIERE -ALCOOL Le bio-éthanol obtenu à partir du jus de canne et surtout de la mélasse, utilisant une part d’alcool lors de la fabrication du rhum peut représenter un atout supplémentaire pour consolider la filière sucre.
Le sucre a façonné l’histoire de notre île et connaîtra d’autres succès pour offrir à la Réunion une alternative à l’énergie produite par des fossiles importés.
Ces biocarburants ou agro-carburants ne sont pas la solution à tous nos maux mais ne sont qu’une substitution d’appoint au carburant issu du pétrole.

FILIERE L’HUILE VEGETALE
JATROPHA CURCAS (pourghère ou pignon d’inde ou médicinier) : Plante miraculeuse.
Elle est la source la plus écologique de tous les carburants verts, protège les sols de l’érosion retient l’eau, pousse dans les terrains les plus arides, n’entre pas en concurrence avec le secteur alimentaire (pas comestible pour l’Homme et les animaux), surplombe le colza et le soja et ridiculise toutes les autres plantes d’où l’on tire les biocarburants.
Plante sauvage, elle pousse n’importe où et croît sans entretien. Arbrisseau au beau feuillage vert vif, floraison jaune en panicules à 3 lobes. Elle est une belle plante ornementale et de culture facile.
Plante vivace, elle vit jusqu’à 50 ans et produit des graines toute sa vie. Elle peut atteindre 5 à 10 mètres de haut dans des conditions favorables. Souvent, on la cultive pour son rôle de tuteur et de haies vives (le pignon d’Inde).
Ces graines oléagineuses sont pilées, décortiquées, puis chauffées à l’eau afin de récupérer un excellent rendement d’huile (35%à 45%).
Elles sont également utilisées contre les douleurs musculaires et les dermatoses. Séchées et écrasées, les feuilles sont employées dans des traitements des entorses et fractures, le latex est également utilisé dans les douleurs des angines et gingivites, d’où son nom médicinier. Autres dérivés obtenus : le tourteau et le savon.
Vraiment, Jatropha curcas est une plante exceptionnelle. Elle pourrait être un des alternatifs pour certains de nos agriculteurs, soucieux d’avoir un bon revenu.
A mon avis, des études sur les oléagineux comme les graines de pourghère et ricin (ricinus communis) devraient être effectuées dans l’Océan Indien afin de connaître le potentiel énergétique de ces matières premières non comestibles.
Demain, peut-être, ce beau nom pourra révolutionner le marché de l’énergie et permettra une coopération régionale poussée avec nos populations voisines. Mais avant d’être un carburant de référence, jatropha curcas, plante du désert, doit faire ses preuves.
Produire localement une plante verte substituable à une matière première importée ne relève pas de la science-fiction. Au contraire, elle permettra de créer des milliers d’emplois et à juste titre, elle donnera un élan supplémentaire à notre agriculture.
Aléas climatiques, croissance de la demande de pétrole, diminution des émissions des gaz à effets de serre, rejets de polluants, autant de motifs qui nous poussent à utiliser, demain, des carburants d’origine biologique issus du domaine de l’agriculture.

Elysa, mon adorable petite fille, a vu juste.

Peut-être les ingrédients d’une recette révolutionnaire pour produire un carburant propre serait à long terme : de l’eau, quelques morceaux de sucre, des copeaux de patates douces, un peu d’huile, quelques gouttes d’alcool avec un zeste de soleil.
Le combat a commencé.
La Réunion « terre de travail, d’innovation et d’excellence » est en marche pour gagner. Elle gagnera, j’en suis sûr. Le défi est lancé.

Un trésor est enfoui dans les roches profondes et chaudes, au cœur de notre océan : l’énergie géothermique.
De l’or bleu est caché dans les eaux froides et profondes de notre océan : l’énergie thermique des mers.
De l’or, de l’or vert, dans nos plaines, cirques et montagnes.

J.L.M
(Trois-mares, le Tampon)


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Messages

  • Produire de l’éthanol cellulosique à partir de la paille...Et si nos petites voitures roulaient à la paille de canne....

  • Lors du prochain salon de l’auto,en mars,aurions-nous ce plaisir de voir, parmi les nouveaux modèles présentés ,la première voiture propre sous-marine qui n’ait jamais réellement existé, capable de voler sous l’eau au lithium-ions et de rouler également sur route normale...Cette voiture a bel et bien existé mais de façon virtuelle. Qui dit mieux ?

  • Enfin ! Une voiture propre qui fonctionne avec le même principe que les téléphones cellulaires avant le 2ème semestre. Bravo et félicitations.
    En 2008, c’est le boom des panneaux photovoltaiques : Une voiture qui se charge avec la lumière du soleil. Il n’y a pas que la pile à hydrogène qui sauvera ’le futur de l’automobile’.

  • "Biocarburants"
    Alors que le prix des matières agricoles flambent et que le cours du pétrole atteint le cap de 115 dollars et n’en finit plus de battre de nouveaux records, jatropha curcas résiste et gagne du terrain.Il n’y a plus de doute, le développement des biocarburants ne doit plus se faire "au détriment de la capacité agricole mondiale", en attendant la production d’un ’micro-diesel’ fabriqué à partir de la modification génétique d’une souche de bactérie capable d’utiliser des matières premières bon marché et renouvelables.

  • "Rien ne sert à l’homme de vouloir gagner la lune, s’il perd la terre".
    Sur les 2000 milliards de barils estimés avant l’ère industrielle,combien en reste-il aujourd’hui ? Peut-ètre la moitié.
    Alors quelle alternative au pétrole ?
    Et sommes-nous "volontairement optimistes" pour sauter le pas et passer des intentions à l’action ?...A l’Ile de la Réunion une voie nouvelle est en train de triompher....

    Voir en ligne : La voie du co-developpement

  • Pour limiter l’impact sur l’environnement et en faveur de l’innovation et de la mobilité durable,préparons l’après pétrole et luttons contre la baisse du pouvoir d’achat.Privilégions également les transports en commun.
    Si l’information s’avère exacte, un contructeur européen milite pour la voiture à bas coût et encourage le développement d’un véhicule électrique.Il lance un défi aux acteurs économiques en proposant fin 2009 des voitures électriques pour moins de 5000 euros avec émission de co2 inférieure à 60 grammes,et celà afin de faciliter la mobilité des personnes en zone rurale et zone urbaine sensible . (exemple : sorties de gare ) Avis aux flottes d’entreprises,aux parcs des administrations et collectivités territoriales.
    Même la Hongrie n’a pas dit son dernier mot en matière de voiture écolo.( Un véhicule hybride fonctionnant au bio-carburant et à l’énergie solaire avec des panneaux photovoltaiques sur le toit).Qui dit mieux !
    Pour l’instant,saisissons l’aide directe pour compenser la hausse du budget de transport, deuxième poste des dépenses des ménages et remercions notre 1er Ministre.

    Voir en ligne : TRAJETS DOMCILE-TRAVAIL


Témoignages - 82e année


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