Alon filozofé

Condoléances et fidélité

Billet philosophique

Roger Orlu / 9 novembre 2012

Aussitôt après l’annonce du décès de Laurence Vergès samedi dernier, de nombreux messages très chaleureux, souvent touchants, évoquant des souvenirs très riches sur les combats menés par cette militante au service du peuple réunionnais ont été exprimés dans toute l’île. Mais lorsqu’on voit certains de ces messages, on peut se poser des questions sur leur signification et leur contenu.

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Parmi les nombreuses qualités de Laurence Vergès, nous pouvons en retenir au moins deux qui sont vraiment essentielles. La première, c’est que cette communiste française, résistante à l’occupation nazie de la France, comme le résistant réunionnais Paul Vergès qu’elle a épousé à la fin de la guerre, a décidé d’accompagner son mari lors de son retour à La Réunion au milieu des années 50 dans le but d’être pleinement solidaire de la lutte de libération du peuple réunionnais. Voilà un exemple que les "zorèy" qui arrivent à La Réunion devraient suivre, au lieu de soutenir le régime néo-colonial mis en place à l’encontre de l’abolition officielle du statut de colonie du pays par la loi Vergès-Lépervanche du 19 mars 1946.

La seconde qualité de Laurence Vergès est d’avoir été constamment fidèle aux responsables du PCR tout au long de sa vie, malgré les épreuves terribles auxquelles elle a dû faire face, notamment les violences, les tentatives d’assassinat et les répressions infligées par le pouvoir et ses complices "péi" à Paul Vergès. Cette fidélité à la stratégie politique du PCR est réellement exemplaire.

Un immense soutien

Face à ces deux qualités essentielles de Laurence Vergès, quel est le sens des hommages qui lui sont rendus après son décès ? L’ampleur de ces hommages et leur force sont importantes et très positives, car elles prouvent réellement l’immense soutien du peuple réunionnais aux idées défendues par le PCR.

En même temps, on ne peut pas ignorer le côté parfois un peu formel de certaines condoléances voire leur dose d’hypocrisie. En effet, parmi certains expéditeurs de condoléances soi-disant « sincères » à la famille de Laurence Vergès, il y a des politiciens sur-rémunérés qui ont pour priorité de défendre leurs intérêts personnels et ceux de la classe dominante en divisant le peuple réunionnais et en le trahissant en combattant le PCR.

Hypocrisie

Dans ces conditions, si l’on veut réellement être sincère et crédible, la meilleure façon d’être solidaire de Laurence Vergès et de ses proches n’est-elle pas d’être fidèle à leur combat ? Et donc d’assumer ses responsabilités dans le combat uni et solidaire du peuple réunionnais pour prendre en mains l’avenir de son pays et changer cette société dominée par l’apartheid social ?

Cela sert à quoi de faire de beau discours sur la misère, sur les inégalités, sur les violences contre les femmes, etc. si l’on divise et trahit son peuple en luttant contre les combattants réunionnais de la liberté pour des ambitions personnelles ?À rien ; c’est de l’hypocrisie. En fait, nous ne devons jamais sous-estimer la gravité des divisions et des trahisons du peuple, car celui-ci en subit des conséquences dramatiques tous les jours. Passons donc des paroles aux actes pour rester vraiment fidèles à Laurence.

Roger Orlu


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