Alon filozofé

Des espoirs à la réalité : l’engagement

Billet philosophique

Roger Orlu / 30 septembre 2016

La prise de conscience des défis à relever, les nécessaires changements de mentalités et de comportements, les indispensables transformations socio-économiques, environnementales, culturelles, institutionnelles etc… Voilà des thèmes souvent évoqués lors de rencontres philosophiques, religieuses, politiques ou autres pour changer notre société et la rendre harmonieuse dans le cadre d’un développement durable à mettre en œuvre. 


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Jade Tong Yette, présidente du Conseil Départemental des Jeunes, lors de son intervention au 3ème Symposium du réseau interreligieux de l’Indianocéanie.

Ce fut le cas par exemple lors de la belle conférence organisée le 22 septembre dernier à la Mutualité de La Réunion par le Cercle Philosophique Réunionnais avec Philippe Cadet, professeur agrégé d’économie, sur le thème : ‘’Le rapport entre l’économie de proximité et la solidarité à La Réunion’’. À cette occasion, le conférencier a notamment rappelé que l’économie de proximité basée sur la transaction — avec une production pour des consommateurs proches, des échanges loyaux et une répartition équitable des richesses — fait partie du patrimoine réunionnais depuis 353 ans.

Philippe Cadet a également souligné que cette économie coopérative, participative et solidaire a été construite en partie avec l’aide d’organisations syndicales, politiques, humanitaires et de communautés religieuses opposées à l’individualisme et à la compétitivité. D’où sa conviction que les économies de proximité actuelles dans le pays prouvent à quel point grâce à elles nous pouvons faire face à l’économie mondialisée par un contrôle du système économique réunionnais par les Réunionnais.

‘’La Paix en océan Indien’’

Une autre illustration de l’innovation réunionnaise actuelle nous a été donnée du 22 au 24 septembre au Moca de Saint-Denis, lors du 3ème Symposium du réseau inter-religieux de l’Indianocéanie pour ‘’La Paix en océan Indien’’, suivi le 25 septembre au Jardin de l’État par la 8ème Journée Réunionnaise de la Fraternité. Cet événement, organisé par le Groupe de Dialogue Inter-religieux de La Réunion (GDIR), s’est déroulé avec la participation du mouvement international ‘’Religions for Peace’’, des délégations de Madagascar, Maurice et Seychelles ainsi que de nombreux Réunionnais.

Durant les trois jours du Symposium, de nombreux échanges très intéressants ont eu lieu afin d’« identifier des actions qui pourraient être menées par les Institutions religieuses en partenariat avec les États, les Collectivités locales, la société civile et les entreprises (…) pour l’avènement d’une Indianocéanie unie, solidaire, fraternelle et pleine d’espérance pour la paix ». Et trois axes ont été examinés afin d’aller dans ce sens : d’abord, ‘’médiation, éducation et paix’’ ; ensuite, ‘’climat, écologie humaine et développement durable’’ ; enfin, ‘’inter-culturalité et indianocéanité’’.

Passer des belles paroles aux actes

Outre le nombre de participants, l’ambiance chaleureuse et la qualité des interventions lors de ce Symposium qui « a dépassé nos espérances » selon Idriss Issop-Banian, président du GDIR, on retiendra — entre autres — la participation pertinente de la jeunesse réunionnaise, représentée par une forte délégation du Conseil Départemental des Jeunes. Par exemple, sa présidente, Jade Tong Yette, a interpellé les organisateurs, leurs partenaires et les participants en leur posant deux questions : « Pour vous, qu’est-ce que l’écologie ? Qu’est-ce que vous évoque le développement durable ? ».

Cela signifie qu’il est important d’analyser au mieux la réalité dans notre région, avec les effets préoccupants de la croissance démographique, du réchauffement climatique et de la mondialisation capitaliste afin de transformer cette réalité et éviter des tragédies comme la famine, les migrations mortelles, les pollutions néfastes etc… ; sans oublier toutes les bases militaires à supprimer car elles ne peuvent pas être « des instruments de paix » dans l’océan Indien comme l’a prouvé un intervenant mauricien au Symposium. Tout cela nous prouve que pour transformer les espoirs en réalité, il faut s’engager à passer des belles paroles aux actes.

Roger Orlu


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