Alon filozofé

Est-ce que je m’intéresse au bonheur des autres ?

Billet philosophique

Témoignages.re / 17 janvier 2014

Ce mercredi 15 janvier, le Cercle Philosophique Réunionnais a animé comme chaque mois à la Médiathèque Benoîte Boulard du Port un goûter-philo, auquel ont participé plus d’une vingtaine de personnes — des enfants, des adolescents et des adultes — sur le thème : "Qu’est-ce que j’aimerais le plus dans ma vie ?". Cette rencontre fut l’occasion d’échanger de nombreuses réflexions très intéressantes sur le sens de notre vie à La Réunion et dans le monde.

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Henri Diogo, vice-président du Cercle Philosophique Réunionnais.

Bien sûr, ces échanges furent d’abord l’occasion d’exprimer divers rêves, souhaits, et droits légitimes (emploi, logement, moyens de vivre…) mais aussi des envies personnelles relevant parfois de l’idéologie dominante liée au consumérisme, à l’accumulation de possessions et autres profits, comme par exemple : « je voudrais être riche, j’aimerais une belle voiture, je souhaite avoir une grande maison etc… ». D’autres intervenants ont mis en avant d’autres espoirs, portant notamment sur « l’amour et le respect dans la famille », « l’amitié à l’école et dans mon quartier », « la solidarité entre Réunionnais »…

Tout cela a permis d’évoquer d’autres problématiques, en particulier la nécessité de passer des vœux à l’action pour les réaliser et de s’interroger chaque jour sur le sens que nous voulons donner à notre vie : dans quelle direction, au service de qui et de quoi, pour défendre quelles idées et quelles valeurs ? Celles de la solidarité et du partage ou celles du chacun pour soi ? Liée à tout cela, a été posée une autre question : si je me demande ce que j’aimerais le plus dans ma vie, ne dois-je pas aussi — voire avant tout — me demander : est-ce que je m’intéresse au bonheur des autres ?

La voie de l’économie sociale

Une des réponses à cette question fondamentale, nous l’avons trouvée dans un livre que nous a offert Gilles Sagodira, professeur à l’Université de La Réunion et militant humanitaire, sous le titre : "L’économie sociale. Utopies, Pratiques, Principes". Cet ouvrage, publié en 2008 par Jean-François Draperi, maître de conférence en sociologie, nous explique notamment que l’économie sociale « poursuit son projet de définition d’une économie originale à travers une histoire presque bicentenaire. Au cours de cette histoire, elle a successivement rêvé d’une communauté alternative, puis d’une république coopérative et enfin d’un développement intégré à l’échelle des territoires. Régulièrement mise en danger par l’économie capitaliste, par l’État mais aussi par ses propres insuffisances, elle a dû s’organiser, édifier des principes de référence, susciter l’élaboration d’un droit définissant ses règles de conduite ».
« Face à une idéologie ultra-libérale envahissante, l’économie sociale propose un ensemble coordonné de valeurs et d’actions qui permet de penser différemment le rapport entre l’économie et la personne humaine. Saura-t-elle trouver les forces de résister à la marchandisation croissante de la vie ? L’économie sociale résulte de la coordination entre un mouvement de pensée — changer la vie économique et sociale par des moyens non-violents — et un mouvement de pratiques : créer des entreprises au service des humains ». Une voie à suivre…

Des perspectives à mettre en œuvre

Une autre réponse à la question du bonheur des autres nous a été donnée dimanche dernier, lors d’une rencontre très chaleureuse organisée dans une ferme de l’Entre-Deux par notre ami Henri Diogo afin de célébrer son départ pour deux ou quatre ans à Wallis et Futuna, où il vient d’être muté en tant que professeur de Lettres et de linguistique appliquée. Plus d’une quarantaine de personnes ont répondu à l’invitation de ce militant humaniste d’origine africaine (le Bénin) à un pique-nique partage : des collègues et ami(e)s mais aussi des représentants de plusieurs associations comme REFRAE (Rencontre France Afrique Europe), l’Amicale Antillaise et Guyanaise de La Réunion, les Frangipaniers, le Rotary Club du Sud et le Cercle Philosophique Réunionnais dont il est le vice-président.

De nombreuses personnes sont intervenues pour féliciter et remercier Henri Diogo pour l’œuvre qu’il a accomplie durant ces 9 premières années qu’il vient de passer à La Réunion au service de ses sœurs et frères réunionnais, en défendant des valeurs essentielles comme la solidarité, la justice et la liberté. Dans cet esprit, il a notamment animé, lors de la 9ème édition du Marché des Associations le 7 septembre dernier au Port, un débat pour la reconnaissance du peuple réunionnais, de son parcours depuis 350 ans et de ses droits fondamentaux. Voilà des perspectives à mettre en œuvre…

 Roger Orlu 

(*) Merci d’envoyer vos critiques, remarques et contributions afin que nous philosophions ensemble… ! redaction@temoignages.re


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