Alon filozofé

Kosa nou fé ansanm ?

Billet philosophique

Roger Orlu / 5 juillet 2013

Nous avons déjà évoqué cette problématique à plusieurs reprises dans cette rubrique ; mais l’actualité, toujours marquée par l’idéologie des classes dominantes, nous incite à revenir sur ce défi de l’action collective réunionnaise à mener pour transformer notre société. D’autant plus que "Le Portois", le magazine de la Maison des Associations (M.D.A.), publie des pistes de réflexions très intéressantes à ce sujet dans son édition trimestrielle du mois de juin, avec cet appel en "une" : « Pensons collectif ! ».

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La "une" du dernier numéro du magazine "Le Portois", avec un appel très fort.

Comme le dit dans son éditorial la présidente de la M.D.A., Julienne Célesti, il est important de « relier les pensées pour repenser les liens » dans notre société. C’est pourquoi elle met en avant l’importance du monde associatif : «  L’émergence de la société civile et son implication permanente, désormais dans tous les domaines de la vie sociale, en fait un acteur incontournable pour penser la cité du 21ème siècle, qui peine cependant à entreprendre et travailler... comme avant. Et si ce n’était plus "comme avant" ? ».

Le directeur de la M.D.A., Pascal Mariamal, évoque cette question dans un article du même journal sous le titre : « Existe-t-il une pensée associative ? ». Il y déclare notamment que « l’action collective permet de sortir des impasses politiques, économiques ou sociales ».

« La notion républicaine de devoir »

Voici des extraits de cet article, où Pascal Mariamal évoque divers sujets sur l’importance du travail collectif dans les associations : « Les associations se sont adaptées à la prégnance de la société marchande libérale en construisant des modèles alternatifs (…). Par ailleurs, le bénévole est "celui qui s’engage librement pour mener une action non salariée en direction d’autrui, en dehors de son temps professionnel et familial". L’engagement dans la durée permet à terme d’accéder, en raison des responsabilités que cela recouvre, à un certain espace de pouvoir, de confrontation et de délibération. (…)

Pour Émile Durkheim, le fondateur de la sociologie moderne, "la raison humaine est un produit de la vie collective". (…) La tâche politique de tout collectif est alors de "restaurer le consensus social" et d’édifier une identité qui prend la forme d’un impératif, auquel chaque membre se soumet. Nos croyances, nos sentiments collectifs, nos valeurs morales, religieuses et philosophiques s’inscrivent sous couvert de cette force d’obligation, résumée par la notion républicaine de devoir. (…)

« Faire progresser l’intérêt général »

Les organisations collectives s’investissent donc pour faire progresser l’intérêt général quelles se sont engagées à défendre. (…) Il est donc légitime de se questionner, au moins en référence aux structures les plus opérationnelles dans la mise en œuvre des politiques publiques, sur ce que représentent réellement les associations aux yeux de la société. (…) Constituées dès leur origine en organisations dévolues à la pensée, transformées depuis en courroie de transmission de la politique sociale, les associations pourront-elles renouer à leur mission d’intérêt général qui consiste à éclairer la société sur ses manques mais aussi sur ses potentialités ? ».

Bien sûr, cette question ne concerne pas seulement les organisations associatives mais aussi les organisations syndicales et politiques. Et au-delà du « pensons collectif » indispensable , assumons nos responsabilités en nous demandant : kosa nou fé ansanm pou libèr nout pèp ?

Roger Orlu

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