Alon filozofé

L’idéologie fasciste à La Réunion

Roger Orlu / 20 avril 2012

Cette année, en France, est commémoré le 70ème anniversaire d’un événement capital durant l’occupation du pays par l’armée nazie d’Adolf Hitler. Il s’agit de l’application en juin 1942 d’un décret du pouvoir hitlérien qui rend obligatoire dès l’âge de 6 ans le port de l’étoile jaune par les Français de religion juive.
Cette décision de l’occupant est appliquée avec le soutien des représentants de l’État français — dirigé par le maréchal Philippe Pétain —, qui collaborent avec le régime nazi. Cela se traduira notamment par l’arrestation et la déportation de 76.000 juifs de France dans des camps d’extermination en Allemagne de 1942 à 1944.

7 martyrs

Cette idéologie fasciste, qui consiste à stigmatiser des personnes et à les réprimer en raison de leur appartenance ethnico-religieuse, visait également les résistants — notamment les militants communistes —, qui luttaient pour la libération de leur pays et qui étaient dénoncés par les collaborateurs des nazis. Des dizaines de milliers de ces combattants de la liberté ont été victimes de cette répression.
À La Réunion, comment ont été traités les militants communistes depuis des dizaines d’années par le pouvoir politique, judiciaire et médiatique ? Accusés de lutter pour transformer la société néo-coloniale en faisant respecter les droits fondamentaux du peuple réunionnais dans tous les domaines (économique, social, culturel, politique…), ces militants ont constamment été stigmatisés, calomniés, accusés injustement et réprimés violemment par les profiteurs du système en place. Certains ont même été tués ou ont été victimes de tentatives d’assassinats (voir le livre d’Eugène Rousse, "Hommage à 7 martyrs réunionnais (1949-1978)").

Une étoile jaune sur des Réunionnais

Certes, aucun de ces militants n’a été déporté dans un camp de la mort… et grâce aux luttes menées pendant une quarantaine d’années contre les diverses formes de répression arbitraire du totalitarisme néo-colonial, des avancées ont pu être arrachées au pouvoir au cours des trente dernières années en termes de liberté d’expression. Mais le peuple réunionnais a-t-il pour autant aujourd’hui le droit à la parole et le droit au pouvoir comme l’exige la démocratie ?
Actuellement, on constate tous les jours le poids écrasant de la propagande mensongère au service des classes privilégiées comme la censure dont sont victimes les Réunionnais qui luttent pour une société juste, solidaire et libre. Aujourd’hui comme avant, certaines personnes sur-rémunérées par le pouvoir passent leur temps à coller une étoile jaune sur nos compatriotes qui portent tel nom, qui ont telle couleur de peau, tel sexe ou tel âge, qui ont telle origine, qui pratiquent telle religion, qui expriment telle opinion politique… Tout cela parce qu’elles combattent — pour des intérêts personnels — les projets créant les conditions d’un épanouissement commun de notre peuple.

Un combat solidaire

Voilà la preuve que certains continuent à cultiver l’idéologie fasciste à La Réunion et refusent le dialogue pour unir les forces du changement dans notre pays au service des plus pauvres. Qui peut nier cette réalité inacceptable ?
Mais cette année, nous célébrerons le 28 novembre prochain le 70ème anniversaire de la libération de notre île du régime pétainiste de Vichy, notamment grâce à des communistes portois qui ont apporté leur soutien à l’arrivée d’un contre-torpilleur de la France Libre, "Le Léopard". La meilleure façon de rendre hommage à ces résistants réunionnais est de renforcer sans cesse le combat solidaire pour la liberté et la fraternité réunionnaises face aux diviseurs fascisants. Et bon vote dimanche !

Roger Orlu

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