Alon filozofé

« La pauvreté est un déni des droits humains »

Billet philosophique

Témoignages.re / 29 janvier 2010

Le mercredi 20 janvier dernier, “Témoignages” a publié un communiqué du Cercle philosophique réunionnais, présidé par Laurent Médéa, annonçant “La lutte contre la pauvreté” comme thème de ses activités cette année, avec notamment un colloque, début avril prochain, sur “La philosophie et la lutte contre la pauvreté durable à La Réunion”. Cette initiative nous donne l’occasion de publier de larges extraits d’un entretien de la revue “SHS-Regards” (N°20) de l’UNESCO avec une haute personnalité rwandaise, Sylvie Kayitesi Zaïnabo, où il est notamment question de ce problème.
Sylvie Kayitesi Zaïnabo est une ancienne ministre de la Fonction publique et du Travail du Rwanda, présidente de la Commission rwandaise des droits de la personne. Elle a été élue à la tête du Réseau des Institutions nationales africaines des droits humains, en 2007. Dans cet entretien, elle invite à lutter contre la pauvreté, perçue comme un déni des droits humains, afin de permettre aux plus démunis d’avoir accès à la nourriture, au logement décent, à l’éducation et à la santé.

• Quel est le rôle du Réseau africain des Institutions nationales des droits humains que vous présidez depuis 2007 ?

- Ce réseau a été créé en 1996, juste après l’adoption des “Principes de Paris”, pendant une période caractérisée par la mise en place de plusieurs structures de ce type dans différents pays africains. Il a pour vocation de soutenir l’établissement et le renforcement des Institutions nationales des droits humains sur tout le continent et vise à améliorer le travail de chacune d’entre elles au niveau de son pays. Le fait d’être en réseau permet par ailleurs d’assurer une plus grande visibilité des institutions africaines au niveau international.

Le problème des déplacés

• Comment votre réseau s’organise-t-il pour apporter aide et assistance aux 12 millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui fuient les zones de conflits en Afrique, conférant au continent un triste record avec près de la moitié du nombre total de personnes déplacées dans le monde ?

- Le Réseau a une claire perception du problème des déplacés dans le monde et plus particulièrement en Afrique. La preuve en est l’organisation de la 6ème conférence des Institutions nationales africaines des droits de l’Homme qui avait pour but de renforcer le rôle des Institutions nationales en matière de protection des réfugiés, des personnes déplacées dans leurs propres pays et des apatrides.
La conférence a été l’occasion de définir des stratégies en vue d’une meilleure prise en charge de ce groupe de population vulnérable. Les institutions membres du Réseau se sont résolues à apporter assistance aux personnes déplacées dans leur propre pays à travers leurs activités de protection.

Le rôle des femmes

• Outre la question des réfugiés, quels sont les principaux défis auxquels l’Afrique doit faire face en termes de droits humains ?

- Outre la question des réfugiés et des déplacés dans leur propre pays, qui résulte des conflits internes, l’Afrique doit faire face à beaucoup d’autres défis qui affectent la jouissance effective de leurs droits par les populations. Il s’agit notamment de la pauvreté, qui est d’ailleurs perçue comme un déni des droits humains. Le pauvre est en effet démuni de ressources pour accéder aux denrées alimentaires, au logement décent, à l’éducation, aux soins de santé.
Le renforcement des droits des femmes est aussi un autre enjeu essentiel qui doit être relevé. Le rôle des femmes dans la reconstruction des pays en post-conflit et dans le développement socio-économique de leurs pays est en effet crucial.

Propos recueillis par Nfaly “Vieux” Savané

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