Alon filozofé

Notre nouvelle patrie

Billet philosophique

Roger Orlu / 10 avril 2015

Il y a de nombreux enseignements à tirer du séjour culturel de deux à trois semaines organisé récemment en Inde du Sud par Régine Armoudom et Yannick Martin au nom de Shakti Academy (Association Réunionnaise des Relations et Créations Culturelles) avec le médecin psychiatre, conférencier et écrivain Jacques Vigne. Un séjour auquel ont participé une quarantaine de personnes venues de France et de La Réunion, et qui a notamment favorisé la prise de conscience de la richesse des pensées ancestrales indiennes de notre peuple.

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Jacques Vigne durant une séance de méditation au Greenland Ashram, devant les portraits des penseurs indiens Shiva Jyoti Munna, Sathya Sai Baba et Sri Ramana Maharshi.

Lors de cette visite depuis Mumbai jusqu’à Pondichéry en passant par Mangalore, Allepey, Pouar, Kanya Kumari, Madurai, Kumbakonam, Tiruvanamalai et Auroville, les participant(e)s ont pu admirer de nombreux trésors culturels indiens dans des ashrams, musées et autres lieux de mémoire comme la stèle de la Route de l’esclave et de l’engagé dans l’océan Indien érigée en 2010 à l’université de Pondichéry. Ce fut l’occasion, entre autres, de mieux connaître certains grands penseurs altruistes et altermondialistes de ce pays, comme Mahatma Gandhi, Amma, Sri Ramana Maharshi, Sathya Sai Baba, Shiva Jyoti Munna, Sri Aurobindo, la Mère…

Il y a également eu des séances de méditations et de yoga très intéressantes et conviviales, animées par Jacques Vigne, qui a particulièrement cultivé avec force la valeur de l’altruisme comme remède à nos problèmes personnels. Nous citerons aussi les atouts de la médecine ayurvédique, qui ont été valorisés durant ce séjour dans les États indiens du Kerala et du Tamil Nadu.

Des échanges chaleureux

Certes, les membres des délégations de France et de La Réunion ont aussi été marqués par la vision de certains graves problèmes de l’Inde, avec notamment une terrible mendicité des personnes confrontées massivement à la misère ou encore la gravité des diverses formes de pollutions du pays (tout pétrole dans les moyens de déplacements, déchets massifs etc…). En même temps, les forces de résistance du peuple indien à ces problèmes étaient également visibles dans les rues des grandes villes comme des campagnes.

Par ailleurs, les échanges chaleureux entre les visiteurs et la population indienne ont montré qu’il y a un potentiel considérable de renforcer les liens entre le peuple réunionnais et les peuples frères de l’Indianocéanie. D’où l’importance de renforcer notre connaissance de l’ensemble des richesses culturelles ancestrales de notre peuple, trop souvent mises de côté, ignorées et infériorisées par l’idéologie dominante du système néo-colonial en place.

Nout péi, nout nasyon

Ceci nous doit nous inciter à prendre conscience de la nécessité de cultiver les atouts du patriotisme indianocéanien. N’oublions pas que nous devons faire vivre l’ensemble de nos patriotismes ancestraux (malgache, africain, comorien, indien, chinois, français etc…) et les héritages de nos diverses patries ancestrales.

En effet, celles-ci nous ont aidé à construire en 352 ans les trésors de notre interculturalité réunionnaise spécifique et unique au monde. Ce sont les trésors de notre nouvelle patrie, nout péi, nout nasyon, La Rényon.


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