Alon filozofé

Nous avons une énorme responsabilité

Billet philosophique

Roger Orlu / 1er juillet 2011

À quoi sert la philosophie, si ce n’est pas à étudier les problèmes de l’humanité et à réfléchir ensemble sur les solutions à trouver puis à mettre en œuvre ? À pas grand-chose. Alors essayons de nous interroger sur les questions essentielles du moment, dont le système politico-médiatique dominant fait le maximum pour en détourner notre attention.

Si nous nous intéressons aux graves problèmes que connaissent de nombreux Réunionnais et aux difficultés encore beaucoup plus grandes auxquelles va être confronté notre peuple dans les années à venir, une prise de conscience devient très importante actuellement ; à savoir : nous pouvons vivre un tournant historique dans notre pays prochainement. Ce tournant pourrait être l’entrée du peuple réunionnais dans l’ère de la responsabilité pour construire lui-même enfin un développement durable, solidaire et humain de son pays, après trois siècles et demi de colonisation.
En effet, après la création d’une large majorité réunionnaise de progrès lors des élections cantonales de mars dernier, les conditions politiques peuvent se créer à La Réunion et en France dans les prochains mois pour qu’une nouvelle gouvernance soit enfin mise en place dans notre île. Une gouvernance démocratique et populaire, au sein de la République française et de l’Union européenne, mais également solidaire des peuples frères de l’océan Indien.

Une action individuelle et collective

Évidemment, il n’y a aucune illusion à se faire, car rien n’est jamais gagné d’avance. Mais cette transformation fondamentale de notre société pourra devenir une réalité, à condition que nous prenions chacune et chacun conscience de l’énorme responsabilité à assumer à cette fin dans les prochaines années.
Cette responsabilité consiste bien sûr à d’abord prendre conscience de la voie nouvelle qui peut s’ouvrir pour réaliser des changements essentiels dans tous les domaines (économie, organisation sociale, éducation et culture, mode de vie et de consommation, pouvoir au peuple…). Cette prise de conscience doit logiquement être suivie de l’action individuelle mais aussi collective, afin de mettre en œuvre le projet réunionnais spécifique répondant d’urgence et à long terme aux besoins vitaux et communs de la population réunionnaise.

Un exemple à suivre

Cette action individuelle et collective doit se situer à divers niveaux. En effet, ce que fait chacun — chaque personne physique mais aussi chaque personne morale, parti politique, association, syndicat, collectivité, etc. — est très important. Mais le plus important n’est-il pas ce que nous voulons et allons faire ensemble, dans le même sens, au service du bien commun des Réunionnais ?
Cela signifie qu’il est temps de franchir une nouvelle étape vers le rassemblement le plus large des forces progressistes du peuple réunionnais et de ne plus faire de cadeaux aux néo-colonialistes et à leurs complices, qui font tout pour tenter de nous diviser. Sans oublier la nécessité de remettre en cause chaque jour notre égoïsme et notre impulsivité, au profit du sens commun et de la rationalité.
Dans ce domaine, nous voudrions citer en exemple une grande militante malgache, qui vient de nous quitter à l’âge de 82 ans et qui s’est battue durant toute sa vie au service de son peuple et de l’humanité. Gisèle Rabesahala a publié un livre admirable en 2006 à Océan Éditions, avec le soutien de la Chaire UNESCO de l’Université de La Réunion, dirigée par Sudel Fuma. Cet ouvrage, qui raconte sa vie et les combats du peuple malgache depuis des siècles, est intitulé "Ho tonga anie ny Fahafahana ! - Que vienne la liberté !". Elle y explique à quel point son unique préoccupation, il y a cinq ans encore, était plus que jamais « la passation du flambeau aux plus jeunes pour que vienne la liberté ». Un exemple à suivre, comme le PCR l’a toujours fait.

Roger Orlu

(*) Merci d’envoyer vos critiques, remarques et contributions afin que nous philosophions ensemble… ! redaction@temoignages.re


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