Alon filozofé

Oui à la souveraineté du peuple réunionnais

Billet philosophique

Roger Orlu / 20 janvier 2012

De plus en plus de Réunionnais prennent conscience que l’élection présidentielle d’avril-mai prochain et les législatives du mois suivant peuvent marquer une nouvelle étape positive de notre Histoire, à condition que l’on donne une vision spécifiquement réunionnaise à ces échéances et au projet de développement que nous devrons avoir nous-mêmes la responsabilité de mettre en œuvre. Dans le cadre d’un partenariat équitable avec l’État français et l’Union européenne, mais aussi dans le cadre d’un co-développement solidaire avec les peuples frères de notre région. Un philosophe français, Yvon Quiniou, vient d’émettre quelques réflexions intéressantes à ce sujet.

« En reprenant le mot d’ordre de Stéphane Hessel, "indignez-vous !", les acteurs du mouvement international de révoltes contre un capitalisme devenu fou démontrent que le sens critique n’a pas été anesthésié depuis l’effondrement du système soviétique », affirme Yvon Quiniou. Pour ce philosophe, qui vient de publier "l’Homme selon Marx. Pour une anthropologie matérialiste", on a la preuve actuellement que « ce qui a été fait peut être défait si on le juge nécessaire ».
En effet, ajoute-t-il, « partout il apparaît clair que s’accroissent la misère, le chômage, les inégalités, la paupérisation, la dégradation des services publics, le délitement de l’État, la perte de souveraineté des peuples au seul profit des marchés financiers et des intérêts de classe qu’ils servent à l’échelle mondiale ; et partout on assiste au recul des formidables conquêtes humaines que le mouvement ouvrier, au 20e siècle et sous l’influence des idées de Marx, avait imposées aux pouvoirs dominants. Or, de tout cela, on s’indigne désormais spectaculairement, et c’est bien ».

Le bien commun

Selon Yvon Quiniou, cette indignation « nous indique que l’être humain est capable de sentiments moraux et qu’il n’est pas rivé à son seul intérêt égoïste ou à la concurrence économique, comme l’anthropologie libérale voudrait nous en convaincre. D’autres motivations, l’ouvrant aux autres, à la coopération et au partage, sommeillent en lui et peuvent le faire agir en vue d’un bien commun, qu’on appellera donc le communisme ».
Ce qui se passe actuellement à Sainte-Suzanne nous montre les capacités des Réunionnaises et des Réunionnais de s’indigner, lorsqu’on voit la mobilisation de nos sœurs et frères sainte-suzannois pour exprimer leur solidarité avec un de leurs responsables politiques victime d’une répression scandaleuse de la part de la Justice néo-coloniale. Et cette solidarité réunionnaise avec Maurice Gironcel pour la défense de notre bien commun s’exprime avec force dans toute l’île.

Pou libèr anou

Voilà aussi pourquoi il est indispensable de renforcer sans cesse la solidarité réunionnaise face aux situations pénibles — voire souvent tragiques — que vivent un bon nombre de nos prochains, pendant que d’autres s’enrichissent toujours plus, en alliant le pillage et le gaspillage. Or, les prochaines échéances électorales peuvent être une occasion de s’attaquer aux causes principales de nos problèmes pour construire un réel développement durable, humain et solidaire, grâce au respect de la souveraineté du peuple réunionnais.
D’où l’importance de l’appel lancé lundi dernier par Élie Hoarau au nom du P.C.R. en faveur d’une entente entre les Réunionnais sur des propositions partagées pour reconstruire notre société, en achevant enfin la décolonisation proclamée par la loi du 19 mars 1946. Face aux diviseurs et aux "Figaro" d’aujourd’hui, alon donn anou la min pou libèr anou é pou fé réspèkt nout pèp !

Roger Orlu

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