Alon filozofé

Pour l’union des Réunionnais dans la lutte contre le racisme

Billet philosophique

Roger Orlu / 21 janvier 2011

La lutte contre toutes les formes du racisme à La Réunion et dans le monde a toujours été un des combats essentiels du Parti communiste réunionnais, sous l’impulsion de ses fondateurs et dirigeants depuis 51 ans. Dans le cadre de "2011, l’Année d’Élie, un combattant Réunionnais de la liberté", soyons plus que jamais conscients de l’importance de ce problème du racisme dans le pays et restons fidèles à cette tradition militante. Akoz ?

Le peuple réunionnais, comme une bonne partie de l’humanité, est toujours victime de ce comportement à la fois méprisant, barbare et non respectueux des droits humains que l’on appelle le racisme. Ousa nana 10.000 marmay i mor de fin sak zour ? É pou kosa ? É kisa lotèr ?
En quelques mots, comment peut-on définir ce que l’on appelle le racisme ? C’est une attitude qui consiste à traiter l’autre — une personne, un groupe ou un peuple — en inférieur en raison de la couleur de sa peau, de son origine, son lieu de naissance, son appartenance ethno-culturelle ou religieuse.
L’idéologie dite raciste, qui est à la base de cette attitude, a été un des éléments fondateurs de notre peuple puisque celui-ci est né de la colonisation du pays et du crime contre l’humanité qu’est l’esclavage, puis de l’engagisme, qui ont marqué plus des trois-quarts des trois siècles et demi de notre Histoire. Et cette gouvernance coloniale, comme les systèmes socio-économiques qui l’ont accompagnée, a toujours été inspirée par cette idéologie discriminatoire, diviseuse de notre société.

Ça continue

Mais l’abolition de l’esclavage le 20 décembre 1848, puis l’abolition de l’engagisme le 11 novembre 1882 et l’abolition du statut colonial de La Réunion par la loi Vergès-Lépervanche le 19 mars 1946 ont-elles suffi pour abolir le racisme à La Réunion et ses effets inhumains sur notre vivre ensemble ? Tous les jours on constate que non.
En effet, de nombreuses études sociologiques apportent la preuve que les principales victimes d’injustices et de discriminations sont les Réunionnais descendants d’esclaves et d’engagés. Ces personnes sont les plus nombreuses victimes du non-respect de leur droit au travail, au logement, à la formation, à la libre expression ; ce sont les principales victimes des inégalités sociales, de la répression judiciaire, du mépris et de l’infériorisation de leur culture, sans oublier les injures racistes exprimées encore publiquement ces derniers mois.

Un racisme anti-réunionnais

Mais ce racisme vise également tous les jours d’autres Réunionnais, dont les ancêtres ont d’autres origines que Madagascar, les Comores, l’Afrique ou l’Inde. Et nous devons être conscients que le racisme a également pris une autre dimension et d’autres formes d’expression en visant l’ensemble du peuple réunionnais, avec des répercussions quotidiennes sur les conditions de vie difficiles de la majorité de ce peuple.
En effet, les principaux détenteurs du pouvoir dans notre pays, sak i komann anou, sak i fé la loi dan nout péi, est-ce qu’ils reconnaissent pleinement l’identité culturelle spécifique des Réunionnais et le fait qu’il existe aujourd’hui un véritable peuple réunionnais ? Est-ce que ces commandeurs d’aujourd’hui, qui occupent et s’occupent de La Réunion dans leur intérêt, reconnaissent le droit de ce peuple de prendre lui-même librement les décisions qui concernent le développement durable de son pays ? Est-ce que ces assimilateurs respectent l’égalité entre les langues, les cultures et l’interculturalité réunionnaise ?
Lorsqu’on voit comment ils ont insulté et calomnié les défenseurs de la langue créole, du maloya, de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise comme de toutes les autres richesses culturelles de notre peuple, on est bien sûr révolté ; mais en même temps on a presque envie de les remercier d’une certaine façon, car ils nous apportent la preuve que la décolonisation de La Réunion n’est pas terminée et que le combat contre le racisme et pour la liberté doit continuer plus que jamais.

Alon ranfors la fratèrnité rénionèz

Le non-respect des droits fondamentaux du peuple réunionnais en matière d’emploi, de logement, de formation, de liberté d’expression, de respect de son identité culturelle et de gestion libre de son développement est une forme de racisme global du pouvoir en place. C’est un racisme institutionnalisé, d’une certaine façon. Il doit donc aussi être combattu comme tel.
Ce combat est un moyen essentiel pour créer une société harmonieuse, cohérente et solidaire. Mais c’est un combat d’autant plus difficile que certains Réunionnais du premier monde sont complices des dominants aux postures racistes, dont l’objectif quotidien est de tout faire pour diviser les Réunionnais et dresser les uns contre les autres.
Voilà pourquoi il faut renforcer l’unité des Réunionnais dans le combat contre toutes les formes de racisme. Alon donn anou la min pou fé rèspèkt anou é pou ranfors la fratèrnité rénionèz !

Roger Orlu

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