Alon filozofé

Pour une jeunesse réunionnaise libre et responsable

Billet philosophique

Roger Orlu / 8 septembre 2017

À l’occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse (ONU – 12 août), Michel Éthève, le directeur de la Médiathèque Benoîte Boulard, a proposé au Cercle Philosophique Réunionnais de consacrer le goûter-philo de ce mois à la problématique suivante : ‘’Jusqu’à quel âge est-on jeune ?’’. Une quinzaine de personnes de tous âges ont participé à cette rencontre philosophique, où les premiers échanges ont porté sur les questions : c’est quoi ‘’être jeune’’ ? Est-ce une question d’âge ? Quel âge ? Mais est-ce important d’être jeune ou vieux ? Comme d’être homme ou femme, noir ou blanc, né ici ou là… ? N’y a-t-il pas avant tout à faire respecter les droits à l’égalité de tous les êtres humains, en particulier quel que soit leur âge ?

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Une image du célèbre chant de l’UNICEF intitulé ‘’On écrit sur les murs’’.

Les autres échanges ont eu pour sujet : au-delà de l’âge, c’est quoi être jeune ? Avoir les capacités physiques et mentales de faire beaucoup de choses, d’être très actif, performant dans de nombreux domaines (à l’inverse, lorsqu’on n’est plus jeune, on est fatigué, voire épuisé, plus capable d’agir). D’où la question : que faut-il donc faire pour être jeune le plus longtemps possible, c’est-à-dire avoir une bonne santé et avoir les moyens d’agir au mieux chaque jour ? D’où l’importance de créer les conditions d’un bon état sanitaire en termes de consommation, d’environnement, d’activités physiques… Et l’importance de cultiver la connaissance, l’information, la réflexion, le dialogue…

Mais au-delà de la santé et du savoir, des capacités physiques et intellectuelles, être jeune n’est-ce pas aussi avoir un esprit critique, être indigné, révolté, rebelle, résistant, plutôt que résigné, passif, indifférent face à tout ce qui se passe autour de nous et dans le monde ? Et à ce sujet, est-ce vraiment une question d’âge ? D’une certaine façon, la vieillesse est dans notre cerveau, dans nos comportements et l’on peut rester jeune jusqu’à la fin de sa vie très âgée… (voir les ‘’jeunes réflexions’’ de ‘’vieux penseurs’’ du monde et de La Réunion, comme Stéphane Hessel, Vijayananda, Edgar Morin, Paul Vergès, etc.). Pour le philosophe Pierre Rabhi, chacun peut apporter sa part aux autres, comme le colibri qui éteint un feu avec une goûte d’eau. Cela fait penser au proverbe alsacien : « Il n’y a que les poissons morts qui vont dans le sens du courant ».

Jeune tout au long de sa vie

Être jeune n’est-ce donc pas avant tout avoir des projets, des perspectives pour un avenir meilleur ? N’y a-t-il pas des jeunes qui sont déjà ‘’vieux’’ car résignés, passifs ? C’est pourquoi la jeunesse n’est-elle pas notamment la culture de l’espoir et de l’action, de l’espérance dans l’engagement pour la transformation de notre société ? (voir par exemple les chants des chorales réunionnaises des Écoles Centrale et Bory de Saint Vincent dans un CD intitulé ‘’Citoyen, Si toi hein ?’’, où de jeunes élèves lancent un appel à la non pollution de « La Rényon nout ti Nasyon, La Rényon nou ti péi »).

Une autre question que l’on peut se poser : je suis jeune, mais je mets mon énergie au service de quoi et de qui ? (voir le chant de l’UNICEF ‘’On écrit sur les murs’’ et le chant d’Enrico Macias ‘’Enfants de tous pays’’, qui ont été partagés avec les participants à ce goûter-philo).

D’où ces deux conclusions : il est indispensable dans notre système éducatif, médiatique et politique d’aider les jeunes à La Réunion à prendre conscience qu’ils doivent se préparer à devenir une jeunesse réunionnaise libre et responsable pour prendre en mains l’avenir de son pays. Dans cet esprit, on peut être jeune, d’une certaine façon, tout au long de sa vie !

Roger Orlu


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