Alon filozofé

Quels enseignements tirer de notre Histoire ?

Billet philosophique

Roger Orlu / 3 mars 2017

De nombreux chercheurs et penseurs réunionnais réfléchissent en ce moment à des problèmes de notre société ; et les leçons que nous devons tirer de ces réflexions peuvent nous aider à préparer notre entrée dans l’ère de la responsabilité. Ces réflexions, exprimées par exemple ces derniers jours lors de plusieurs conférences publiques, s’appuient notamment sur les enseignements à tirer de notre Histoire et donc de notre culture.

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Au forum universitaire sur le patrimoine malgache à La Réunion, Valérie Andrianjafitrimo Magdelaine, Sophie Bazin Ravaloson et Noro Rakotobe D’Alberto.

À ce sujet, nous citerons d’abord Jacqueline Andoche, maître de conférences en anthropologie, qui a invité le public le mardi 21 février dernier à la Bibliothèque départementale de La Réunion (BDR) à « penser la spiritualité en terre réunionnaise au 21e siècle ». À cette occasion, elle a notamment souligné que « la vie spirituelle à La Réunion, qui cultive la diversité dans l’unité, peut avoir une portée universelle et des perspectives pour l’avenir par les ouvertures aux autres ».

Deux jours après, à la bibliothèque de La Montagne, l’universitaire Fabrice Georger a procédé à une intéressante « description et valorisation de la langue et du répertoire créole ». Il a beaucoup mis l’accent sur la nécessité de valoriser la connaissance de « nout lang kréol La Rénion » comme le multilinguisme à dimension internationale.

« Le processus de colonisation »

Passons à un autre domaine sur les atouts de notre culture à valoriser : ceux de la connaissance de notre Histoire, comme l’a montré le 27 janvier à Mascarin (Jardin Botanique de La Réunion) Élisabeth de Cambiaire sur « les plantes dans le processus de colonisation des Mascareignes ». Cette historienne a rappelé comment les pays de l’Indianocéanie « ont servi à partir de la fin du 17e siècle d’escale aux vaisseaux de la Compagnie des Indes et illustrent la circulation et le rôle des plantes dans le commerce colonial et dans le processus de colonisation ».

Où en est ce « processus » aujourd’hui chez nous et dans notre région ? C’est une question que l’on peut se poser après cette conférence, comme après celle tenue le mercredi 1er mars à la BDR par l’anthropologue Bernard Champion sur « le choc des religions à Pondichéry à l’époque de la Compagnie des Indes ». Là aussi on peut voir les dégâts de la priorité accordée aux compagnies de commerce « au service de la conquête et de la souveraineté » par les classes dominantes.

Les traces des marronnages

Autre temps fort ‘’pou la kiltir nout mémwar’’ : la journée de recherche organisée par plusieurs universitaires au Moufia dans l’amphi Élie le 24 février avec des « regards croisés sur le patrimoine malgache », où Charlotte Rabesahala a notamment évoqué les combats héroïques menés contre l’esclavage par nos ancêtres marrons. Ce fut l’occasion de faire connaître cette super expo à voir dans l’Espace culturel Sudel Fuma de Saint-Paul sur les traces des marronnages dans la toponymie réunionnaise, comme par exemple les noms de nos pitons.

Ce trésor culturel du pays fut cité lors du goûter-philo de ce mercredi 1er mars à la médiathèque Benoîte Boulard du Port, où le Cercle Philosophique Réunionnais a parlé des luttes à mener aujourd’hui pour l’égalité, la justice, le respect de nos droits et de notre dignité. Et pour mener ces combats, il y a bien des enseignements à tirer de l’histoire de la résistance réunionnaise au système colonial depuis 354 ans…

Roger Orlu


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