Alon filozofé

« Sante la libèrté ! »

Billet philosophique

Roger Orlu / 3 juin 2011

Parmi les bonnes nouvelles de la semaine, un ami nous a proposé de signaler aux lecteurs de "Témoignages" deux infos intéressantes publiées lundi dernier, qui illustrent les avancées du peuple réunionnais pour entrer dans l’ère de la responsabilité. Et ce ne sont pas les nouvelles attaques ordurières lancées contre "les Vergès" ces derniers jours qui y changeront quelque chose. Au contraire, elles nous confirment que le combat essentiel à mener, si nous voulons servir le peuple réunionnais, est de nous rassembler pour préparer ce peuple et notamment sa jeunesse à prendre en mains son pays.

Tous les jours et dans toute l’île, des militants syndicalistes, politiques et associatifs se battent de mille manières pour changer notre société, la rendre plus humaine, solidaire, respectueuse des droits fondamentaux de chaque personne et de notre peuple. Nous pouvons en citer deux illustrations parues le lundi 30 mai dans "Le Quotidien".
Il s’agit tout d’abord de ces déclarations de Maurice Cérisola, qui est interrogé par notre confrère sur les effets et les causes de la grave crise socio-économique dont souffrent la majorité des Réunionnais. Le président de l’Association pour le Développement Industriel de La Réunion (ADIR) évoque plusieurs pistes de solutions à ces problèmes et il conclut : « Je suis favorable à un développement qui soit porté par une volonté locale avec une appropriation par la population réunionnaise de sa destinée ».
Autre exemple : cet entretien accordé par Jean-Pierre Cambefort, psychologue, administrateur de l’Association des Maisons de la Famille à La Réunion (AMAFAR) et membre du centre de recherche ORACLE (Observatoire Régional des Anciennes Colonies Liées à l’Europe), qui analyse les nombreuses conséquences négatives de la politique anti-réunionnaise menée par le pouvoir dans le domaine culturel et qui représentent pour lui « toujours des restes de l’esclavages ». Il dénonce notamment le fait que « le créole est une langue minorée, voire dépréciée », que l’on oppose le français à la langue créole réunionnaise, et il souligne que, « sans vaste chantier de rééducation sociale, aucune réussite scolaire n’est possible ».

C’est cela le fascisme

Ces points de vue très intéressants vont dans le même sens que le combat mené depuis des dizaines d’années par divers militants pour achever la décolonisation de La Réunion et construire avec toutes les forces vives du peuple réunionnais un développement durable, donc responsable, solidaire, humain. Mais systématiquement, ces militants sont attaqués dans certains médias financés par la bourgeoisie néo-coloniale pour tenter de conserver le "modèle" de "développement" mis en place dans le pays depuis sa prise de possession par les colonisateurs au 17ème siècle.
À cette fin, l’ennemi principal à abattre pour les défenseurs de ce système est bien sûr plus que jamais le Parti communiste réunionnais, en particulier "les Vergès" et leurs ami(e)s. D’où les attaques, insultes et calomnies quotidiennes dans ce sens, comme celles que l’on a encore vues et entendues ces derniers jours contre ceux qui incarnent “le diable communiste”.
C’est le cas, par exemple, de ce courrier de lecteur anonyme publié par "Le Quotidien" du 20 mai, qui falsifie entièrement les positionnements politiques de Paul Vergès sur la question de la gouvernance de notre pays, de la stratégie électorale de l’Alliance, de la conception réunionnaise du communisme, etc. C’est le cas aussi des dernières attaques lancées par le “JIR" contre Pierre Vergès, en tant qu’ancien responsable de la SR 21, porteuse de grands projets pour le développement durable de La Réunion. Alors qu’aucune irrégularité n’a été commise, ce responsable politique est insulté et calomnié uniquement parce qu’il est le fils de Paul. C’est cela le fascisme.

« i fo nou libèr nout nasyon rényoné »

Lorsqu’on analyse ces phénomènes, on ne peut que se sentir confortés à mener la lutte pour le changement de société, car ces comportements fascistes donnent encore davantage raison à ceux qui les combattent. D’où le bonheur que l’on éprouve aussi lorsqu’on entend des militants artistiques et culturels réunionnais qui expriment avec talent leurs aspirations à émanciper leur peuple.
Ce fut le cas, par exemple, ce mercredi soir au Kabardock du Port, où Thierry Gauliris et ses dalons du groupe Bastèr ont donné un spectacle avec de jeunes artistes qu’ils ont accompagnés pendant quelques jours de formation. Lorsqu’on les entend chanter tous ensemble « alon lèv la tète kont lèsklavaz, sante la libèrté, oté La Rényon ouvèr ton zyé, i fo nou libèr nout nasyon rényoné, rasis si la tèr mi vé pa, mizèr dan la kaz mi vé pa… », comment ne peut-on pas être d’accord ?
Voilà tout juste quelques réflexions sur l’actualité. C’est à cela, entre autres, que doit servir la philosophie, non ?

Roger Orlu

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