Alon filozofé

Trahir les pauvres ou s’unir pour « agir ensemble contre la misère » ?

Billet philosophique

Roger Orlu / 19 septembre 2014

À quoi sert la philosophie si ce n’est pas, parmi d’autres grandes causes humaines, à combattre la violence de la misère à La Réunion et dans le monde ? Il se trouve que nous sommes confrontés chaque jour à ce problème, qui nous interpelle avec force. Comment réagir ? Par l’indifférence, la résignation, la passivité, la complicité avec les profiteurs, l’action individuelle ou la lutte collective ? Des spécialistes de ces questions ont de bons conseils à nous donner à ce sujet…

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Comme les années précédentes, des personnes victimes de la misère prendront la parole le 17 octobre lors de la célébration de la Journée mondiale du refus de la misère et le 28 octobre pour le 25 anniversaire de la pose de la Dalle à l’honneur des victimes de la misère à La Réunion.

Comme tous les ans, le Mouvement international ATD Quart Monde lance un appel aux citoyens du monde entier et réunionnais à célébrer le 17 octobre prochain la Journée mondiale du refus de la misère. L’organisation réunionnaise de ce mouvement, présidée par Dominique Versini et animée notamment par Simon Tiendréobéogo, invite nos compatriotes à se réunir à cette occasion de 14 heures à 18 heures sur le parvis des Droits de l’Homme à Champ-Fleuri (Saint-Denis) pou di sak na pou di kont la mizèr dan nout péi.

Avec toutes les autres organisations solidaires, le Mouvement ATD Quart Monde de La Réunion organise dès à présent un autre rendez-vous très important pour mener ce combat et lui donner plus d’ampleur. Il s’agit de la célébration le 28 octobre 2014 du 25ème anniversaire de la pose de la Dalle réunionnaise à l’honneur des victimes de la misère, qui se déroulera du matin au soir au même endroit.

« Un défi exigeant »

« Ne laisser personne de côté : Réfléchir, décider et agir ensemble contre la misère ». Tel est le thème choisi par le Comité International 17 octobre avec les Nations Unies pour cette célébration 2014, en consultation avec des militants, la société civile et des organisations non-gouvernementales. Il « reconnaît et souligne le défi exigeant auquel sont confrontés les initiatives de terrain ainsi que les chercheurs et les responsables politiques : identifier et assurer la participation des personnes vivant dans l’extrême pauvreté et l’exclusion sociale dans ‘’l’Agenda post 2015’’, à la suite des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Cet appel à « ne laisser personne de côté » souligne également « l’urgence d’éliminer les discriminations pour cause de pauvreté, ou fondées sur l’origine ethnique, le sexe, le statut économique ou social. Cela nous demande d’aller activement à la recherche des groupes de populations les plus pauvres et exclus dans nos sociétés. Cela demande aussi d’aligner les objectifs de développement et leur mise en œuvre sur les normes des droits de l’Homme ».

« Ouvrir un large débat »

Voilà des réflexions qui impliquent de profonds changements politiques dans le système néo-colonial en place à La Réunion, comme peut en suggérer l’appel lancé le 18 juin dernier en France par le Comité National de Résistance républicaine à l’Union européenne. Ce mouvement invite les citoyens à « ouvrir un large débat pour unir et mobiliser notre peuple afin de créer un rapport de force victorieux. Ensemble, élaborons un programme fédérateur pour la reconstruction sociale et républicaine de la France en nous appuyant sur le programme du C.N.R. : droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, coopérations internationales, nationalisation des banques et des entreprises stratégiques, ré-industrialisation du pays, démocratie centrée sur le monde du travail, rétablissement des protections sociales, défense de l’environnement contre le tout-profit, action pour la paix mondiale et pour le développement solidaire de tous les peuples et de tous les individus... Dans la diversité de nos engagements, et pour que renaissent les Jours heureux, prolongeons au présent l’œuvre humaniste et progressiste du Conseil National de la Résistance ! ». Cet appel, à appliquer de façon spécifique à La Réunion par les Réunionnais, suscite une question : allons-nous continuer à trahir les pauvres ou allons-nous nous unir face aux diviseurs pour « agir ensemble contre la misère » ?


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