C’en est trope

Pour vous ce bouquet pour la nouvelle année…

C’en est trope !

Jean-Baptiste Kiya / 19 janvier 2017

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Justice et littérature de Jacques Vergès, aux PUF.

Pour tous ceux qui continuent à y croire, à se battre, qui s’accrochent, mais aussi pour tous ceux qui ont renoncé – et peut-être plus encore, parce que quelque chose en eux s’est brisé, a été acculé : faute d’argent sans doute, faute de temps peut-être, parce qu’il n’en avaient plus la force, ni l’endurance, par dégoût du malheur, cela se conçoit, de crainte d’en ressortir trop cabossé, que leur vie ne leur soit volée, arrachée, à tous ceux-là, auxquels il a manqué un élan, un soutien, un petit quelque chose, à tous ceux-là vont nos souhaits aussi, parce qu’il faut une force peu commune – voyez M. Rocher, l’ancien pilote, sans travail et ruiné, dans l’impossibilité de se payer un avocat, autorisé à titre exceptionnel (comme si la justice avait à être rendue « à titre exceptionnel ») de plaider sa cause devant la Chambre de révision de la cour de Cassation et qui, après 5 ans de lutte, se vit reconnu dans son statut de victime. Pour 1 David Rocher combien d’autres ayant abandonné au bout de 10 ans de lutte, et parfois plus ?

À tous, femmes et hommes, confrontés à l’hydre judiciaire, aux douteuses pratiques, aux effacements brutaux, aux ponctions financières, nous souhaitons en ce début d’année beaucoup de courage, et de ténacité : qu’ils gardent confiance en eux - si ce n’est dans l’institution.

Et puis, n’oubliez pas, n’oubliez rien, tâchez d’être à la hauteur de vous-même, ne courbez pas l’échine, tâchez de conserver ce que les pouvoirs publics veulent vous voir privés, votre intégrité, gardez la tête haute, le verbe franc, ne renoncez pas à ce qui vous fait, malgré les attaques les plus basses, les surprises les plus abjectes. Archivez, partagez sur les réseaux, ils sont taillés pour la lutte. L’idée de justice le mérite : il faut changer de cadran, de système, le refondre. S’ils s’empressent de tourner la page, nous, nous avons tout notre temps. Dévisser les boulons requiert de l’énergie et de la patience. Que les politiques (et pas seulement M. Jean Lassalle) veuillent bien saisir enfin la situation que vivent un trop grand nombre de concitoyens. Nous les appelons à une mise en place d’une vraie force de contrôle, indépendante de la justice, intègre, l’absolue absente du système actuel, visons à l’abolition du statut du bâtonnier, décoratif, ironique.

Dix mille cas de dysfonctionnement judiciaire sont recensés en France et par an. « Une injustice faite à l’un est une menace faite à tous » a déclaré Montesquieu.

Alors, pour vous, qui arpentez les longs chemins taillés d’embûches, vous mes amis les écœurés, ce bouquet d’apophtegmes que je vous envoie :

*Comme le dit Archibald Traquenard, « il faut déparasiter la justice ! »

*« En France, quand on entre dans un tribunal, on recule de deux ou trois siècles » (Alexandre Herzen).

*« Là où commence le mystère finit la justice » (Edmund Burke).

* « Jean-Jacques Urvoas l’a dit : la justice n’est pas à l’agonie, elle est morte » (rapporté par Frédéric Sicard, avocat de Paris dans un entretien au « Point »).

*« Sept fois tu fermes les yeux, la huitième fois, tu condamnes aussitôt » (B. Brecht).

*De non vigilantibus non curat praetor : Le juge n’a cure des insouciants, ni des naïfs : le juge est un crocodile somnolant à fleur d’eau. Il dévore tous ceux qui auraient la curiosité de s’y baigner.

*À chaque fois que je pense à la justice française me vient à l’esprit la figure d’Agnès Saal, emblématique : qui déclarait mener une gestion irréprochable, « rigoureuse », vantant devant ses équipes son « jansénisme », avant de vouloir découvrir et chasser « la taupe », pour in fine plaider coupable pour « détournement de fonds publics par personne chargée d’une mission de service public ». Et la page était tournée. On regardait ailleurs. Mais quoi ?

*Une société qui ne sait pas régler ses problèmes est une société corrompue.

* « L’enquête, telle que nous la pratiquons dans notre système français est une enquête orientée par des gens qui peuvent se tromper. Et une fois que l’orientation est donnée, il est possible, mais souvent hors de portée de ramener le dossier dans une autre direction. Et la vérité qui se dégage à la fin du procès est souvent une vérité qui a été décrétée dès l’origine » (Thierry Lévy, avocat).

*« Quand je vois votre carrière, votre carrière pathétique… » Rachida Dati, ancienne Garde des Seaux à une journaliste. Emblématique du mépris de l’institution judiciaire envers le justiciable.

*La justice n’apprend pas, et oublie vite.

*« Ny marina toy ny tsiriry anaty harefo : tsy maty, fa malazo : Les justes sont comme l’herbe <> au milieu des joncs : ils ne périssent pas, ils se fanent seulement » (malgache).

* « Qu’on me donne deux lignes de l’écriture d’un homme et je me charge de le faire pendre » (le conseiller d’État Laubardemont au procès d’Urbain Grandier, 1633).

*« Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire » (Orwell).

*« Il est impossible de connaître l’âme, les sentiments et la pensée d’aucun homme, si on ne l’a pas vu à l’œuvre dans le pouvoir de l’application des lois » (Sophocle, Antigone).

*« On a plus l’impression d’un commerce dans cette institution que d’un souci de justice » (Annie Marciniak, Justice française, la Grande escroquerie).

*« Le ministère de la Paix s’occupe de la guerre, celui de la vérité, des mensonges, celui de l’Amour, de la torture, celui de l’Abondance, de la famine. Ces contradictions ne sont pas accidentelles, elles ne résultent pas non plus d’une hypocrisie ordinaire, elles sont des exercices délibérés de doublepensée » (George Orwell, 1984).

*« En France, on ne peut pas intervenir dans les affaires en cours. Puis, on ne peut pas revenir sur la chose jugée. La garantie des droits est ainsi rendue impossible » (Corinne Morel, Justice française, la Grande escroquerie).

*« Pour toutes les victimes de l’institution judiciaire, les conséquences matérielles, affectives et morales sont dramatiques mais le pire est qu’elles sont allées en justice pour défendre leurs droits et qu’elle ont été dépossédées de leurs droits, qu’elles ont été salies par des décisions mensongères, qu’elles ont perdu la confiance dans les institutions de leur pays, quand ce n’est pas la confiance dans leurs pays tout court » (Corinne Morel, Justice française, la Grande escrioquerie).

*« À travers de telles expériences, les justiciables sont amenés à découvrir toute la face cachée du fonctionnement de la société, dont le citoyen lambda n’a pas conscience » (Annie Marciniak, Justice française la Grande escroquerie).

*« Dieu ou le juge, c’est pareil ! Sa parole et son écrit sont d’essence divine et gare à la sentence pécuniaire s’il y a une quelconque contradiction ou une quelconque récusation » (Christian Nogues, Justice française la Grande escroquerie).

*« J’ai déposé deux plaintes relative à ce dossier en 2011 et à quelques mois d’intervalles l’une de l’autre auprès du Procureur de Nice, comme par hasard, elle ne font l’objet d’aucune trace, alors que j’ai en ma possession les accusés de réception » (Marie-France Porte, Justice française la Grande escroquerie).

* « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire » (Albert Einstein).

Il existe de vraies structures qui ne compensent pas mais qui peuvent aider. Internet est votre allié. Voici quelques adresses :

- L’Observatoire des Dysfonctionnements Judiciaires : www.observatoire-justice.fr,

- L’Association Nationale des Victimes des Erreurs et Dysfonctionnements Judiciaires. Domicilié 34, rue des Romains, 51 100 Reims (Angelo Mauti).

- L’Association France Justice de M. Seznec.

- L’Association Droits et Liberté de M. Marini.

- L’Association Père Enfant Mère pour la défense des droits et devoirs familiaux de M. Forney.

- L’Association des Indignés de la Justice, dirigée par Mme Saidi.

- L’Association Au Nom du Peuple présidée par Mme Morel.

- Sur La Réunion, l’Association Paire 2 Cœurs de M. Barsamian.

Pensez que vous n’êtes pas seul(e).

À vous, le souhait d’une année pleine de courage, de force et de hauteur. Quelques consignes de pratiques solidaires : Laissez des traces, ne restez pas seul(e), organisez-vous, constituez-vous en réseau, échangez.

Jean-Baptiste Kiya


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