Café Péi

Le petit garçon qui voulait attraper le vent (14)

Maurice

Jean-Baptiste Kiya / 26 août 2016

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Et il dessina trois ovales, c’était à chaque fois deux poissons qui se tenaient par la bouche. D’un côté, c’était le poisson de gauche qui avalait celui de droite, et de l’autre, c’était celui de droite qui avalait l’autre.

……

« Bon, mais ça ne m’avance pas plus…, soupira Firmin.

- La solution, Grand-mère l’a dit, se trouve en bord de mer, conclut Ti-Jean. On va bien finir par trouver quelque chose. Ce serait le diable si dans le lagon, on ne trouve pas ! »

Ils descendirent vers le littoral. Ti-Jean se mit à fredonner :

« Quand tu me regardes de haut
Hé ho !
Je vois tes poils de nez
Ho hé !
Quand tu me regardes de haut
Là haut !
Je sens tes pieds
Eh beh !... »

Firmin rigola.

Ti Jean commenta : « C’est une chanson que j’ai faite pour faire rager Grand Diab. »

Et ils reprirent ensemble :

« Quand tu me regardes de haut
Hé ho !
Je vois tes poils de nez
Ho hé !
Quand tu me regardes de haut
Là haut !
Je sens tes pieds
Eh beh !... »

Mais Grand Diab n’était pas loin, et il entendait la chanson que poussait les enfants.

« Quand tu me regardes de haut
Hé ho !
Je vois tes poils de nez
Ho hé !
Quand tu me regardes de haut
Là haut !
Je sens tes pieds
Eh beh !... »

Ça le mettait en fureur. S’il ressemblait à une grosse citrouille à pattes, il courait très vite, le Diable. Si vite qu’il fallait être bien habile pour le semer.

Il s’était mis en travers du chemin, et quand les enfants le virent, ils détalèrent.

« Séparons-nous, murmura Ti-Jean. Dans la savane, il ne saura plus où donner de la tête. »

Ti-Jean obliqua vers Chamarel, Firmin et Tourniquet vers Coteau Raffin. Grand Diab, contrairement à toute attente, se mit à courir derrière Firmin et son chien. Comme le ciel était couvert, Firmin eut l’idée de monter vers le morne Brabant

Ce fut une pénible ascension, Grand Diab menaçait de les rejoindre à tout moment, il en fallut de peu qu’ils ne se retrouvassent attrapés. Enfin, parvenu presque au haut, le monstre, certain de les avoir coincés, ne courait plus aussi vite. Il savourait sa victoire. Il tenait sa vengeance.

Là, au sommet, Firmin et Tourniquet l’attendaient. Grand Diable, outré de cette attitude, se mit à courir vers eux, bras tendus en avant, alors le garçon et le chien se lancèrent dans le vide, c’était le moment où il commençait à pleuvoir. Grand Diab croyant les atteindre avait sauté aussi, mais, tandis que le chien parapluie s’ouvrait, et que Firmin le saisissait par la queue, le Démon surpris s’écrasait la tête en bas. Les amis contemplant le désastre de Grand Diab riaient ensemble emportés par le vent… Ti-Jean, au bord de la plage, fit de grands signes d’au revoir.

(Fin du chapitre II – Suite aux prochaines grandes vacances.)

Jean-Baptiste Kiya

À mes enfants.

N’est pas dédié à la Justice française.


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