Di sak na pou di

— 1 — Que les politiques prennent leurs responsabilités !! Ou les lendemains difficiles du CHU

Témoignages.re / 14 novembre 2011

L’opinion publique a été informée la semaine dernière des locaux indignes du XXIe du GHSR .
Ne découvrons pas la situation, elle ne date pas d’aujourd’hui. Il faut remettre les choses à leur place.

1- Une fusion qui met en péril le CHU

La situation telle que le relate la presse ne date pas hélas d’hier : les bâtiments vieux de 35 ans ne sont plus aux normes.
Les services de chirurgie sont aussi dans un triste état et le bâtiment central n’est plus aux normes de sécurité, malgré un personnel très humain et compétent.

Alors quelles arrière-pensées se cachent derrière cet article, que l’on imagine mal, réalisé sans l’accord et l’aide de la direction. On voit mal en effet M. Lebon directeur des soins et M. Baillif cadre de santé s’épancher dans la presse sans l’autorisation de la direction. De qui se moque-t-on ?

Ce que l’article décrit ce n’est ni plus ni moins la réalité que vivent tous les malades et les hospitaliers du Sud pendant qu’on nous bassine avec une fusion créatrice de CHU.

Ceux qui nous poussent à fusionner savent pertinemment que :
a- Le fonctionnement du nouveau CHR sera structurellement déficitaire, aggravé par la dette colossale du CHD à rembourser. L’ARS ne veut ou ne peut (perte de triple A oblige) assumer la modernisation et la mise en sécurité des bâtiments.
b- Les moyens financiers (provisions) mis de coté pour changer cette situation et déménager les médecines dans le bâtiment central seront dissous dans le CHR fusionné au 1er janvier 2012.
c- La situation financière dégradée du CHD est le résultat d’erreurs de gouvernance couverte par les tutelles chargées du contrôle. C’est donc à la tutelle de réparer les dégâts.
d- Imposer la fusion est une fausse solution (un "leucoplast" sur une jambe de bois !) : on sauve peut-être le CHD à court terme grâce aux apports du GHSR, mais à moyen terme les deux hôpitaux se retrouveront dans le rouge, n’ayant plus ni l’un ni l’autre les moyens de se mettre aux normes. On voit bien là la vision à court terme de nos technocrates décideurs, capables d’obérer l’avenir du CHR, et par extension du CHU, sachant qu’ils seront partis sous d’autres cieux et d’autres carrières quand le CHR sera dans la "m...".
e- Ils ont vendu la fusion et le CHU en package comme si l’un ne pouvait se faire sans l’autre. En réalité on veut rogner les ailes du CHU parce qu’avec la fusion, le GHSR ne pourra pas faire sa rénovation et deviendra un hôpital de brousse.

Quand M. Jean Marie Lebon, directeur des soins, dit que cet hôpital n’est pas digne d’un CHU, c’est sans doute vrai. Mais ce n’est pas le CHU qui est en cause, mais bien la fusion annonciatrice de catastrophe financière pour les deux hôpitaux.

C’est la fusion qui empêchera le CHU de vivre parce qu’elle se fait en dépit du bon sens, contre les médecins, et sans compensation de l’État, alors que par la fusion on nous impose des pertes de 4 millions d’euros minimum par an et à vie !
On nous a présenté le CHU comme une carotte pour nous imposer une fusion qui permet à l’État de faire des économies et de se désengager des problèmes de l’endettement du CHD, mais on va entrainer le CHU dans notre chute.
Demandez l’avis de nos étudiants : ont-ils envie d’étudier dans un CHU de seconde zone ?

Quand on pense que l’on s’est battu pour pouvoir offrir à nos jeunes réunionnais et à ceux de l’Océan Indien des études de médecine de qualité par un CHU ouvert sur la zone, dynamique… pas un CHU de 3ème zone avec deux années seulement… quel mépris de notre jeunesse et des populations de l’océan Indien !

2- Une fusion sans l’adhésion des médecins

Les promoteurs GHSR de la fusion aprés avoir handicapé sérieusement la modernisation des pavillons de médecines en prônant une fusion défavorable au GHSR, tirent maintenant la sonnette d’alarme comme s’ils voulaient se dédouaner.

On oublie de dire qu’à Saint-Denis peu de médecins (absence de quorum) ont voté la fusion.

À Saint-Pierre les médecins dans leur grande majorité, conscients de cette situation, ont voté contre cette fusion, parce qu’ils ont pensé avant tout à leurs malades, pas à leur carrière. Ce qui n’est pas le cas de certains de nos élus, directeurs, ARS, président de Communauté médicale d’établissement (CME) qui ont fait passer, à qui un siège de sénateur, à qui une promesse de carrière ou de gloire ou de passage à la postérité, avant les intérêts de l’hôpital, des patients et des citoyens-électeurs.

Ils avaient raison ces médecins de dénoncer cette fusion qui mettrait en danger les finances du GHSR et le priverait d’une modernisation digne du XXIème siècle et d’un CHU. Ils savent, parce qu’ils sont des acteurs de l’activité hospitalière, que le simple fait de fusionner ferait perdre près de 4 millions d’euros par an au CHR , sans compter les surcoûts… qu’il est interdit de chiffrer !

La situation de délabrement des bâtiments hospitaliers n’est pas propre au GHSR. Les malades vivent la même réalité, à Saint Paul, à Saint Benoit. Ce qui justifie pleinement le projet du Pôle sanitaire Ouest et du Pôle sanitaire Est.

Alors pourquoi ce zoom de la direction général sur Saint Pierre ?
Pour faire croire aux médecins du Sud qu’ils ne sont pas oubliés et les calmer parce que la colère gronde ? Tout en se dédouanant ....
Pour préparer les hospitaliers du Sud aux lendemains de fusion qui déchantent ? … du genre « on n’y est pour rien, on a tout fait pour la population » !

3- Les yeux pour pleurer

En effet les promesses non tenues et les illusions perdues ne font que commencer !

On parle dans cet article de recrutements qu’on n’a pas pu faire pour ne pas créer de déficit. Faut-il se préparer à l’absence future de recrutement voire à des licenciements à cause du déficit à venir du CHR fusionné ?
Gageons que l’ARS échaudée par le surcoût social de la fusion du Groupe Hospitalier Est Réunion sera vigilante sur la faisabilité du protocole social. Elle s’est d’ailleurs bien gardée de signer ce protocole et de promettre des fonds sociaux. Verra-t-on un nouveau protocole social moins coûteux naître des cendres des engagements du directeur général. On sait que ce dernier ne rechigne pas à renier sa signature quand ça l’arrange. Quid des promesses faites, de graver dans le marbre d’un règlement intérieur, les avantages sociaux ?

On a demandé au maire de Saint-Pierre de renoncer au siège social du CHR (bien que le GHSR représente 2/3 du CHR) parce que la trésorerie du CHR et l’UFR de santé seront dans le Sud. Patatras, voila qu’on apprend que parce que le siège social est à Saint-Denis, la trésorerie et la direction générale devraient suivre le même chemin. Que le maire de Saint-Denis se fait fort dans la foulée de ramener dans la capitale la faculté de médecine ! Quel retournement de situation !
Que fait le nouveau Sénateur maire de Saint-Pierre ? Ne ferait-il pas le poids face à un homme politique comme Gilbert Annette ?

Des rumeurs persistantes font état du retour des première et deuxième années de médecine à Saint Denis, dès l’année prochaine, la Région ne respectant pas ses engagements et les conditions d’accueil de la deuxième année n’étant pas satisfaisantes. C’est un remake de l’école d’ingénieurs agronomes. La Civis aurait tout intérêt à s’assurer de la réalité de ces rumeurs avant de construire la faculté de médecine, car sinon c’est la chambre régionale des comptes qui l’accusera d’avoir mal utilisé l’argent des concitoyens des communes du sud (Avirons, Étang Salé, Saint-Pierre, Saint-Louis, Cilaos, Petite-Île)…

(à suivre)

Un groupe d’hospitaliers médicaux et non médicaux indignés
Des usagers non défendus


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