Di sak na pou di

15 août 1971 : la contre-attaque des maîtres du monde

Témoignages.re / 17 novembre 2011

Huntington, grand penseur de la sphère financière, émet l’idée suivante au début des années 1970 :
Il faut en finir avec l’excessive « vitalité » des années soixante, avec la « participation populaire accrue » et la « fidélité au concept d’égalité »  [1].
Il s’agit d’une des multiples réactions contre le vent de révolte qui fit le tour de la planète à la fin des années soixante et qui, crime de lèse-majesté, osait revendiquer (entre autres) l’autogestion ! La force de ce mouvement affolait la « classe dominante », autrement dit : les propriétaires des plus grosses entreprises du monde et les milieux financiers.
Inquiets pour leurs pouvoirs et leurs privilèges, ces derniers organisent leur contre-attaque : leurs pressions sur le monde politique seront couronnées de succès. C’est de début de la révolution conservatrice !
Le 15 août 1971, le Président des États-Unis Richard Nixon remet en cause les Accords de Bretton Woods de 1944 (1).
« Ces Accords de Bretton Woods (sous les conseils de John Maynard Keynes) avaient la volonté de revenir à l’étalon or, comme gage de stabilité et d’une règle commune qui, avec un taux de change fixe, évitait les crises monétaires, dont on pensait qu’elles avaient entraîné la guerre… » (Extrait de l’encyclopédie Universalis)
Ainsi, en décidant de ne plus convertir le dollar en or et de libérer les marchés financiers, l’administration américaine favorise la déréglementation monétaire et financière… on revient au système qui avait provoqué la crise de 1929… C’est la naissance du « capitalisme financier », cette jungle du nivellement par le bas que l’on appelle aussi la « mondialisation libérale »…
On le voit, cette mondialisation n’est ni une fatalité à laquelle il faudrait s’adapter ! Elle n’est pas non plus d’essence divine, mais plutôt le fruit de décisions politiques bien humaines. Et donc, il est possible par d’autres mobilisations de masse, d’autres décisions courageuses et responsables, de construire une autre mondialisation au service des peuples.
Résultat, trois ans après la libéralisation des marchés le 15 août 1971, les crises se succèdent à nouveau : 1974 ; puis 1984, 1997 crise du Sud-Est asiatique… 2001 crise nouvelle économie… 2008-2009 subprime, banques, etc. D’ailleurs, les travaux d’économistes prestigieux comme Marx et John Maynard Keynes avaient démontré qu’un capitalisme sans garde-fou générait des crises de façon cyclique… Et qui paye l’addition ?
Ceux qui n’y sont pour rien, et qui ne possèdent que leur savoir-faire et leur intelligence pour survivre, avec l’épée de Damoclès du chômage au dessus de leur tête !

A suivre…

 Didier Le Strat 

[1Extrait d’un article de Pierre Domergues dans la revue “Manière de voir” N°72 à propos du texte de la commission trilatérale “Crise de la démocratie”


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