Di sak na pou di

2011, l’Année d’Elie, un précurseur de la libération des esclaves

Témoignages.re / 17 mars 2011

L’année 2011 a été proclamée l’“Année des Outre-mer”. Cette année 2011 marque également la commémoration d’un événement survenu à Saint-Leu en novembre 1811.
Elie et d’autres esclaves courageux s’inscrivent amplement dans ces manifestations programmées dans le cadre de cette année 2011 proclamée “Année des Outre-mer”. Célébrons Elie et ces vaillants esclaves.
En effet, entre le 5 et 8 novembre 1811 éclate une révolte d’esclaves qui est très vite réprimée par les autorités coloniales. Près de 200 esclaves dirigés par le forgeron Elie brandissent leur étendard de la liberté et vont d’habitation en habitation pour affronter avec courage l’ordre esclavagiste. Ils encourent tous la mort, ils le savent, mais leur combat pour la liberté, la justice transcende cette crainte.
Elie et ses 25 combattants jugés dans la cathédrale de Saint-Denis sont des héros. Ce sont nos Spartacus bourbonnais. Ils représentent la sève de l’arbre de la liberté des Noirs, des esclaves. Ils sont le symbole de l’émancipation des esclaves, le symbole de l’émancipation de l’île. Ces hommes doivent être reconnus comme des figures historiques d’importance dans les mouvements d’émancipation des esclaves.
Elie s’est révolté pour déraciner l’arbre esclavagiste.
N’optons pas pour la démarche négationniste. Notre histoire, nos héros ne doivent pas être dissimulés.
Le négationnisme historique est dangereux pour notre démocratie, notre cohésion sociale.
La vérité historique encourage les luttes, les combats pour une meilleure justice sociale.
Notre histoire et notre culture sont des instruments de cohésion sociale. C’est la mémoire d’un groupe qui prend conscience d’un destin commun sur un territoire commun.
La connaissance de notre passé historique douloureux, mais surtout glorieux de nos ancêtres reste nécessaire pour la construction d’un meilleur avenir.
Cette révolte des esclaves à Saint-Leu en 1811 ouvre les chemins de la résistance contre les injustices, les inégalités, les discriminations.
Un combat qui doit continuer pour favoriser le progrès social.

Aline Murin-Hoarau, une militante culturelle


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