Di sak na pou di

84 morts, pourquoi ?

Témoignages.re / 18 juillet 2016

Au-delà de l’insupportable et de la douleur, au-delà de cette répétition de l’horreur et de l’inhumain (Bagdad, Bangladesh, Bruxelles, Charlie, Istanbul, New York, Nice, Orlando, etc.), ne faut-il pas rechercher les causes profondes (s’il y en a) de cette nouvelle génération de drames qui s’étend, pire qu’une guerre mondiale, sur tous les continents, ou faut-il invoquer la fatalité et l’impuissance ?

Nous ne connaissons pas totalement l’alchimie criminogène qui conduit à ces actes d’une violence extrême mais on ne peut s’empêcher de rapprocher cette infirmité de l’humanité, de l’évolution du Monde socio-économique. On ne peut s’empêcher de penser à cette infime minorité de décideurs économiques qui, dans leur tour d’ivoire prennent des décisions qui appauvrissent et ruinent des territoires, des peuples entiers, et cela depuis bien longtemps (le récent scandale Barroso/Goldman Sachs, dénoncé par le Président Hollande n’en est qu’un petit échantillon). L’action de ces prédateurs nourrit depuis trop longtemps le déséquilibre, la misère et le stress de trop d’humains. On ne peut s’empêcher de rapprocher cela de l’explosion soudaine de haine que notre humanité connait aujourd’hui. N’est-ce pas ce déséquilibre insupportable du Monde qui est finalement la source de la folie de certains et qui nourrit le terrorisme ? Ce constat est rarement fait. C’est pourtant en recherchant les causes premières et profondes des évènements, des disfonctionnements, que l’on parvient à résoudre les problèmes, que l’on améliore la situation, que l’on progresse. L’inégalité et la misère ne sont peut-être pas les seuls moteurs du terrorisme mais elles exacerbent la colère des laissés pour compte dont certains, pour des raisons diverses, passent à l’acte. Cette situation est inextricable pensent certains qui ajoutent avec un brin de cynisme : « on ne peut changer le Monde ». Je crois qu’ils se trompent. Parallèlement à la montée de violence, il y a une montée de la prise de conscience des peuples, et même de certains dirigeants. Merci Nicole Dubarry d’attirer notre attention sur José MUJICA, président de l’Uruguay de 2010 à 2015, sans quitter sa misérable case, car il aimait son pays et ses habitants, ne voulait pas vivre au-dessus d’eux, mais avec eux. Sa rémunération n’a jamais dépassé le salaire moyen de ses compatriotes.

Et si un retour progressif à l’équilibre du Monde, et si notre égalité et notre fraternité française s’étendaient à tous les territoires, étaient le vrai chemin vers la paix et le bonheur de tous ?

 

François MAUGIS – La Réunion


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