Di sak na pou di

A deux pas de chez nous…

Témoignages.re / 3 août 2011

La faim fait mal. Douze millions de personnes crient famine, là-bas en Afrique (Éthiopie, Djibouti, Addis-Abeba, Ouganda…). Ici, on fait aussi la queue devant le siège de l’association Momon Papa Lé La pour ne pas mourir de faim. En Afrique, les mères font la queue avec des enfants couverts d’un drap, attendant leur tour pour déposer leurs enfants morts de faim dans une fosse commune.
Avec la manne de la « chère et douce France », la faim est en régression chez nous. A deux pas de chez nous, de l’autre côté de l’océan Indien, c’est différent.
Les images vues à la télé et dans les journaux sont atrocement insoutenables. La Corne de l’Afrique agonise en silence. Suite à la pire des sécheresses depuis soixante ans, nous dit-on en premier. Suite aussi à l’instabilité politique, à des années de corruption, de guerres pour le pouvoir, ne nous dit-on pas assez. La famine emporte chaque jour des enfants (les plus vulnérables), des femmes et des hommes. Des humains à l’allure de squelettes ambulants, encore vivants, mais quasi-immobiles, car sans forces. Des zombies. Douze millions de ces humains sont encore menacés, nous dit-on.
Les besoins de l’aide alimentaire dépassent le milliard d’euros. Où les trouver ? Les organisations humanitaires et sociales, les donateurs se mobilisent, se réunissent, discutent, dissertent à Nairobi, à deux pas de chez nous. La tâche de la solidarité est colossale. Le bilan ne cesse de s’alourdir d’heure en heure, de jour en jour. Le pire est encore à venir, nous dit-on. Et l’aide se fait attendre, est souvent détournée.
Qu’y pouvons-nous ? Compatir n’est pas suffisant. Et si nous réapprenions à prier ? Pour que les pays riches ne pensent pas qu’à s’enrichir, mais aident les pays pauvres à sortir de leur sous-développement, à ne pas mourir de faim…

Marc Kichenapanaïdou


Kanalreunion.com