Di sak na pou di

A l’approche du vote, gare aux illusions !!!

Témoignages.re / 26 mars 2011

Dimanche, bon nombre d’entre nous sommes appelés à retourner aux urnes afin d’accomplir notre droit de vote, mais surtout, il ne faut pas l’oublier, notre devoir. Dans le courant de la nuit, nous saurons qui seront nos représentants au Conseil général de La Réunion et les commentaires iront encore bon train entre déçus et victorieux, gros cœur et vantards, ceux qui se projetteront sur leurs intentions pour les échéances prochaines avec plus ou moins de prétentions et ceux qui se concentreront sur le troisième tour, le choix de la présidence. A deux jours de la fin du folklore, il est intéressant, amusant, voire pathétique, de revenir sur ces dernières semaines. Des déclarations, des déclarations et encore des déclarations !

D’abord, une grande première, l’UMP locale, plus communément appelée La Réunion en Confiance ou Objectif Réunion, ou je ne sais comment, qui se dit unie plus que jamais, et grande nouveauté : ils ont un projet. C’est cool. Les gigolos de services ont enfin compris que s’ils espéraient gagner et surtout diriger, il fallait un programme. Les Régionales et le carnage actuel au sein de la pyramide en politique d’aménagement auront au moins servi à ça. Mais il ne faut pas se leurrer, Rome ne s’est pas construite en un jour, et même s’ils affichent la volonté d’avoir des idées, dans les faits, on est encore loin du compte.

C’est que quand la droite de l’UMP, de Sarkozy, de Didier Robert, de Virapoullé ou encore d’Hamilcaro souhaite faire du social, il y a comme un truc qui ne sonne pas juste. Le clientélisme n’est pas de la politique sociale.
Si le but de l’UMP était de faire du social, ça se saurait, mieux, ça se verrait. Il n’y a pas de doutes à avoir. La précarité frappante des populations déjà les plus touchées, et maintenant de plus en plus des classes moyennes, n’est que la conséquence de politiques nationales relayées au niveau local par ces dirigeants de l’élite française. Le gouvernement des élites par et pour les élites, un concept à la mode que nous appelons, en Occident, démocratie.

Et puis, il y a les écologistes, malheureusement bien mal incarnés à La Réunion avec des représentant(e)s people et farniente. « Je suis, donc je pense », de quoi donner de l’urticaire à Descartes et conforter le célèbre proverbe « l’habit ne fais pas le moine ». Je porte un chapeau vert, donc je suis écologiste, je suis agrégée, donc je dis des choses intelligentes, et je suis jeune, donc je parle en leur nom.
Les jeunes, en voilà un autre ingrédient d’une bonne campagne. Comme une phrase magique au sein de chaque prise de parole. Parler des jeunes, ce n’est rien. Comme donc leur parler, c’est moins drôle et c’est plus long. Preuve s’il en fallait, des retours presse lorsque les jeunes prennent la parole : de doux rêveurs ou des manipulés. Forcément. De toute manière, qu’à cela ne tienne, il ne reste que deux jours, et lundi matin, on s’en foutra bien de ce qu’ils peuvent penser.

Encore deux petits jours de folklore, et lundi, la fête sera finie. Tout le monde chez soi, à son poste, en haut du siège fraîchement acquis, dans ce qui reste de l’Ecole, dans la rue, ou… à la gendarmerie. C’est selon.
Malgré tout cela, et quoiqu’il se passera lundi, dimanche on vote. C’est un droit et un devoir pour nous tous, car on ne peut se sentir citoyen et refuser d’aller à la bataille.

Béatrice Leperlier


Kanalreunion.com